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 What’s up with your brain? [Guarnicionero J. Piero]

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Reed Clarence


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MessageSujet: What’s up with your brain? [Guarnicionero J. Piero]   Lun 18 Jan - 16:56

Une fumée blanchâtre s’évadait de ses lèvres, dansant tragiquement sous ses yeux avant de mourir dans le vent. Une image familière, mais aujourd’hui il était seul. Adossé à une clôture de la cour, Clarence avait du mal à séparer son regard du spectacle éphémère qui se mouvait au rythme des bouffées qu’il inhalait. Finissant un café qui le fit grimacer tant il était devenu tiède, il fut tenté d’ignorer les vibrations que son cellulaire émettait dans la poche arrière de son jean. Balançant ce qui restait de son breuvage froid dans une poubelle à proximité, il se résigna à mettre la main sur son téléphone d’un mouvement fluide pour jeter un œil à son afficheur; geste futile, puisqu’il savait pertinemment de qui provenait l’appel.

Depuis ce matin-là, cela faisait au moins quatre fois qu’Annette – sa femme, son ex; il ne savait trop comment l’appeler – tentait de le joindre. Il avait même dû s’excuser auprès de l’un de ses patients, puisque le son régulier de son téléphone qui vibrait dans sa valise ne cessait de les interrompre pendant leur séance. En temps normal, le neuropsychologue aurait peut-être choisi de répondre craignant une éventuelle urgence concernant sa fille. Mais il avait Skypé avec cette dernière à peine quelques heures plus tôt avant de quitter pour la prison, et il savait qu’elle allait bien. Si Annette le harcelait ainsi, il en connaissait pertinemment la raison, puisqu’ils avaient brièvement discuté la veille par téléphone. Et il n’était toujours pas certain que les vacances qu’Annette prévoyait passer prochainement au Pérou soient une bonne idée; loin de là…

Clarence scruta distraitement les quelques détenus qui flânaient dans la cour avant de regarder à nouveau l’écran de son cellulaire : « 5 appels manqués. » Persistante. Il soupira. Il faudrait bien qu’il la rappelle un jour après tout, nonobstant qu’il ne le ferait pas dans cette cour. Il tira plutôt une dernière fois sur sa cigarette avant de l’écraser au sol du bout de sa chaussure. Il était amer face à cette idée que la mère de sa fille puisse venir passer quelque temps ici au Pérou; dans son Pérou. Il n’avait pas accepté ce travail de neuropsy’ pour rien; certes c’était une belle expérience clinique à rajouter à son CV, mais surtout, la distance de cette vie dont il était prisonnier lui faisait du bien, et Annette le savait. La revoir dans un tel contexte le rendait mal à l’aise, même si elle lui avait susurré à l’oreille qu’elle en profiterait pour régler avec lui les papiers de divorce qu’il attendait depuis longtemps. Il y songea l’air pensif un moment, jouant distraitement avec le bracelet de macramé qui ornait son poignet gauche en compagnie de quelques autres bijoux. Un cadeau de sa fille. Et si Annette amenait Andie avec elle, serait-ce différent? Oui, non, peut-être… il ne pouvait nier qu’elle lui manquait énormément malgré les séances sur Skype qu’ils se réservaient régulièrement. La fuite avait un certain prix à payer, fallait croire.

Après avoir remis son cellulaire à sa place, le jeune homme laissa à nouveau son dos s’appuyer contre la clôture de la cour, lui arrachant un bruit métallique qui attira le regard de quelques détenus non loin parmi lesquels il se confondait aisément par son allure physiquement peu conventionnelle. Il plongea ses mains dans les poches du blouson de cuir qu’il portait par-dessus une chemise noire dont le premier bouton détaché laissait entrevoir le long tatouage qui parcourait son cou, ses épaules, descendant également sur ses omoplates. Les fins doigts du jeune homme frôlèrent furtivement le paquet de cigarettes qu’il trainait par défaut avec lui. Tentation. Et il ne fit aucun réel effort pour y résister à vrai dire. Presque dans un réflexe, Clarence se saisit de l’une de ses clopes, la glissant automatiquement entre ses lèvres, ignorant royalement le fait qu’il achevait tout juste sa dernière. Un défaut, une faiblesse… ou n’était-ce qu’une bouffée de liberté dont il était dépendant. Mais lorsqu’il se saisit de son briquet pour l’allumer, les quelques étincelles qui gémirent ne furent guère suffisantes. Nouvel essai; rien à faire. Plus de gaz.

- ‘gotta be kidding me…, marmonna-t-il dans sa langue maternelle, une moue consternée se dessinant sur les traits de son visage tandis qu'il réalisait qu'il ne pourrait succomber à la tentation immédiatement.

Outre si...
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Guarnicionero J. Piero

Détenu

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MessageSujet: Re: What’s up with your brain? [Guarnicionero J. Piero]   Ven 22 Jan - 0:07


L’ennui! Ha, encore et toujours ce doux et venimeux ennui. Il revenait te hanter, te tourmenter tel un fantôme avide, dès que tes pensées divaguaient, dès qu’elles ne s’ancraient plus sur tes jeux, tes fantasmes ou tes manigances. Tu ne pouvais le fuir, il te collait aux baskets, imitant à la perfection ton ombre. [Que veux-tu! Je suis trop charmant et il m’aime à la folie.] Seulement, j’imagine que ce n’était pas réciproque. Que, toi, tu aimerais bien qu’il prenne la poudre d’escampette, apportant ses malles avec lui et cette sensation de vide. L’ambiance morne de ta cellule te donnait cette affreuse impression de n’être plus qu’un banal cadavre, qu’un esprit en errance. Un soupir et tu te redressas. Que faire? Un autre soupir, plus profond et plus las. Le temps, au fond, pouvait être si long qu’une minute devenait une éternité. Les aiguilles de l’horloge semblaient s’être figées, avançant à petits pas lorsque le cœur leur en disait. Combien de fois, déjà, avais-tu lancé un regard à ta montre? Trop de fois. Et tu recommençais sans cesse, espérant vainement qu’un bond dans la journée se produise et que la nuit soit sur le point de voiler la prison, de l’envelopper dans son linceul noir qui, pour toi, paraissait si chaud, si réconfortant. Tu voulais te replonger dans tes rêves, tu voulais t’évader et il n’y avait bien que les songes pour te tendre la main. Cependant, tu finissais toujours par rouvrir les paupières et apercevoir ce plafond délavé.

Et si tu n’ouvrais plus jamais les paupières?

Cette envie, souvent, te traversait l’esprit, restant en suspens et planant dans les limbes de tes désirs, avant de finalement la chasser avec haine et dégoût. Toutefois, elle était tenace et revenait à l’attaque une fois de temps à autre. Elle était vile, prenant exemple sur ta pauvre personne, et t’embusquait au moment où tu t’y attendais le moins. Tu pouvais fuir les autres, tu pouvais t’éloigner d’eux d’un pas ou deux, même de kilomètres si tu le voulais, mais tu ne pouvais te fuir. Tu étais et seras éternellement avec toi-même. [Et je suis aussi pris avec toi. Tu sais, ce serait beaucoup moins compliqué si tu me laissais agir à ma guise.] Si je te laissais agir comme bon te semble, je plaindrais les hommes et les femmes qui croiseraient ta route. Tu voulais simplement t’amuser, simplement jouer et emplir tes journées, mais c’était toujours au détriment de ces pauvres âmes. Ton but était de te distraire toi-même, peu importe ce qui en coûtait aux autres. Ils n’étaient là que pour ton unique amusement, ils n’avaient pas d’autres utilités. [Oulà! Tu donnes l’impression que je ne suis qu’un monstre d’égoïsme!] Tu étais égoïste. Tu l’étais lorsque tu étais gamin, tu l’étais lorsque tu étais adolescent et tu l’étais toujours une fois adulte. Les conséquences de tes actes sur autrui t’importaient peu. [Les effets qu’ils avaient sur les autres? Pfft. Quelle importance!] Si tu n’étais pas égoïste, je me demande bien ce que tu étais. [Un altruiste?] Arrête! Je vais mourir de rire!

Enfin, tu ne pouvais pas te morfondre jusqu’à la fin de tes jours. Les portes étaient grandes ouvertes et tu pouvais sortir. Alors, allez, on revêt ce faux sourire, ces airs nonchalants, et on va tuer le temps. Tu sautas en bas du lit, agilement, lançant un regard à tes colocataires et les saluant d’un geste de la main. [Sortons et allons découvrir un nouveau jeu, tu veux?]

○•○•○•○•○•○•○•○•○•○•○•○

Aujourd’hui, que cherchais-tu? Un partenaire pour une partie de jambe en l’air? Un garde à corrompre? Un détenu à mettre hors de lui? Tu n’avais pas encore décidé et tu te contentais d’arpenter la cours. Tes yeux ambrés parcouraient l’endroit, détaillant chacun et chacune. Qui pourrais-tu embêter? Qui pourrait, par un quelconque miracle, te divertir suffisamment pour oublier l’ennui? La plupart, tu les reconnaissais soit de par leur apparence, de par les informations que tu prenais grand soin à récolter sur tous et personne à la fois, soit par leur entourage. Certains, tu leur avais déjà adressé la parole ou, parfois, tu avais marchandé avec eux. Toutefois, ils n’étaient, pour l’heure, que de vulgaires décorations. Ils ne t’intéressaient pas. Plutôt, celui qui piqua ton intérêt, ce fut cet homme adossé contre la clôture. Cette clôture dont l’imposante stature de métal t’horripilait. Ton sourire s’étira un peu plus, le scrutant contempler son téléphone. Il n’était clairement pas un détenu. Vous, après tout, n’aviez pas le droit de posséder tel objet. Le monde extérieur vous était interdit. [Remarque, il était beaucoup plus tatoué que moi. Ça lui allait comme un gant tiens et…] Je te coupe avant que tu ne te lances et, bien sûr, ne retombes dans tes fantasmes honteux. Tu ne savais que penser à ça, après tout. [Tu as une si piètre opinion de moi-même? Je vais pleurer!] Ouais, ouais.

D’un pas assuré, tu t’approchas. Tu avais une petite idée de qui il s’agissait. Les rumeurs courraient vite en taule puisque, au final, vous n’aviez rien d’autres à faire que de parler, que de rapport des potins. Vous étiez pire que des pies. Puis, il faut admettre qu’un membre du personnel ayant cette gueule et ces tatouages bien nombreux ne courait pas les rues. Glissant une main dans tes poches, tu en sortis un paquet d’allumettes – que tu avais d’ailleurs récemment dérobées à Nikolaï, tout bonnement pour découvrir la tête qu’il tirerait lorsqu’il s’en rendrait compte. Tu allais passer un sale quart d’heure, mais soit. [Allons, ne sois pas si défaitiste, je suis certain qu’il ne s’en est même pas rendu compte.] L’espoir fait vivre. Agitant le dit paquet, tu t’enquis en esquissant ton éternel sourire :

- Need some help?

L’anglais, comme d’autres langues, ne te posait aucun problème. Et tu avais donc décidé de répondre dans la même langue, même si ton accent espagnol se ressentait quelque peu. Il n’était pas certes des plus forts, cependant, on remarquait au r roulé – lorsqu’il y en avait – que ce n’était définitivement pas ta langue maternelle. Machinalement, tu lui indiquas la poche où il avait rangé son cellulaire et pris la peine de lui offrir tes fameux conseils, retombant, par contre, dans l’Espagnol :

- Vous feriez mieux de ne pas transporter votre téléphone avec vous, les pickpockets ne se font pas rare ici et beaucoup rêvent de passer un coup de file torride à une amante.  

Tes paroles se firent accompagnées d’un léger clin d’œil, te faisant en quelque sorte sympathique et un peu taquin, alors que, pourtant, tu étais le premier à t’adonner au cambriolage.

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Reed Clarence


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MessageSujet: Re: What’s up with your brain? [Guarnicionero J. Piero]   Mer 3 Fév - 5:37

Clarence releva ses prunelles grises vers son interlocuteur dont la voix aux consonances latines vint interrompre son élan de frustration. La cigarette toujours coincée entre ses lèvres, il le scruta instinctivement, posant d’abord son regard sur la chevelure criarde de l’individu, puis sur les traits de son visage mature; ils devaient sensiblement avoir le même âge. Il s’y attarda quelques fractions de seconde dans un réflexe automatique, peut-être pour y sonder une infime trace d’hostilité. Son évaluation primaire se trouvant néanmoins à être satisfaisante, les yeux du neuropsychologue dérivèrent machinalement vers le morceau de carton qu’il agitait au bout de ses doigts. La solution à l’inconfort caractéristique qu’il ressentait s’y trouvait, et il se sentit automatiquement nargué alors qu’il l’agitait ainsi sous son nez. « Donne, » pensa Clarence en imaginant déjà la première bouffée qu’il pourrait en tirer, ravivant vivement la tentation.

Mais loin d’être impulsif, Clarence redirigea volontairement son attention vers l’homme qui se tenait à quelques pas de lui, lui offrant son aide d’un geste et de quelques mots qui, de leur tonalité, avouaient d’eux-mêmes que l’anglais n’était pas sa langue maternelle. L’avait-il déjà croisé? Il pouvait affirmer avec certitude qu’il avait déjà remarqué ce curieux personnage par le passé, peut-être dans la cafétéria ou ici même entre deux cigarettes; il était difficile à manquer, vous voyez. Avec son visage tatoué qui lui rappelait certains masques de Pierrot et sa tignasse voyante, il se démarquait facilement parmi les détenus de Luriguancho, peut-être un peu de la même façon que Clarence se démarquait lui-même de la plupart de ses collègues.  Il n’aurait néanmoins su dire comment il pouvait se nommer, ni quel crime il avait pu commettre pour se retrouver ici; Clarence connaissait beaucoup de détenus, mais principalement ceux qui fréquentaient son bureau lui étaient familiers, ou ceux qui faisaient beaucoup de bruit en dehors de leur cellule. Soit ce détenu était assez brillant pour rester tranquille, ou soit se servait-il de cette même intelligence pour étouffer le bruit qu’il pouvait provoquer. Fauteur de trouble? Dans un cas comme dans l’autre, il le découvrirait sans doute bien assez tôt. À première vue, le détenu lui semblait drôlement amical.

Avant que Clarence n’eut le temps de réclamer la moindre allumette, le dit détenu, d’un ton nonchalant, s’autorisa la mention d’un conseil concernant le téléphone qu’il avait glissé dans la poche de son jean, comme il le faisait presque tout le temps à vrai dire. La remarque arracha au neuropsychologue un bref sourire qui releva légèrement la commissure de ses lèvres, diverti par la pensée grivoise du détenu. Taquineries à part, le jeune homme aux joues tatouées avait certainement raison : ils se trouvaient dans l’antre des meilleurs voleurs du pays – du moins, la part d’entre eux qui s’étaient faits prendre – et l’appareil électronique qu’il conservait avec lui pouvait certainement attirer la convoitise de certains détenus. Certes le téléphone était protégé de mots de passe, mais l’appareil ne résisterait certainement pas longtemps aux hackers enfermés ici. En plus des nombreux numéros de téléphone de collègues importants de l’Université et de l’hôpital où il avait travaillé l’an dernier, Clarence soupçonnait ne pas avoir effacé certaines conversations potentiellement compromettante qu’il avait pu échanger avec quelques maîtresses dans les derniers mois – il  prit note mentalement de les effacer d’ici la fin de la journée.

- Bien utilisé, j’avoue que la manipulation de ce téléphone pourrait m’apporter quelques éventuels ennuis, avoua-t-il d’un ton léger mais révélant quelques sous-entendus, s’abstenant néanmoins de toute précision.

À son tour, Clarence révéla un léger accent. D’un geste las, sa cigarette toujours éteinte retourna reposer au creux de ses doigts avec lesquels il redressa ses lunettes sur son nez étroit sans même s’en rendre compte tant le geste était devenu automatique avec les années.

- Mais dois-je me méfier de vous?, fit-il d’un ton mi-sérieux qui révélait une touche d’ironie, tout en le pointant du menton.

Il aurait certes été naïf de croire qu’on pouvait réellement ne porter aucune méfiance envers un prisonnier de Luriguancho. Mais le dit prisonnier qui se tenait à quelques pas de lui, avec son sourire et ce clin d’œil qu’il lui adressa, avait certes quelques chose d’intriguant et qui valait amplement ce paquet d’allumettes qu’il possédait.

- Autrement…, ajouta-t-il tout en désignant le dit paquet, lui faisant signe du bout des doigts de sa réclamation tout en le fixant de son regard dépourvu de couleur.
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Guarnicionero J. Piero

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MessageSujet: Re: What’s up with your brain? [Guarnicionero J. Piero]   Ven 12 Fév - 21:58


Tu ne bronchas pas à son examen visuel, le laissant te scruter sans te sentir le moins du monde indisposé. Plutôt, tu t’amusas à en faire de même, tes yeux passant de son cou, détaillant un court instant ses nombreux tatouages,  à son visage. Tu t’attardas anormalement longtemps sur ses lèvres, observant cette cigarette qui te faisait presque autant envie que cette bouche – sérieusement, tu devrais arrêter de fumer, ces choses vont te tuer. [On meurt tous un jour ou l’autre et je suis certain qu’elles sont moins létales que les dents de mon colocataire. Tu as entendu les dernières rumeurs? Il aurait bouffé quelqu’un dans les douches! Le pauvre petit!] Ne change pas de sujet – et je suis au courant, je te figure. Tu avais sérieusement de mauvaises manies. Parfois, je me demandais si tu ne cherchais pas à mettre un terme à ta vie dans les plus brefs délais. Tu courrais après la faucheuse soit par tes habitudes de santé qui laissaient à désirer, soit par ta langue de vipère. [Tu crois qu’elle est sexy la faucheuse, sous sa robe noire?] Je crois surtout que ce n’est plus qu’un tas d’os et que si tu oses t’exciter là-dessus, j’arrête de te jouer  et te jette au placard. [Ce n’est pas un peu cruel?] Avec toi? On ne l’est jamais assez.

- Oh? Et vous êtes sûr que c’est une bonne idée de me le révéler? rétorquas-tu, vague sourire taquin et malicieux aux lèvres.

Instinctivement, tu pris l’information en note et te dis vaguement qu’elle vaudrait peut-être une ou deux cigarettes dans le marché noir de la prison. C’est qu’il te donnait réellement envie et ta dose de poison commençait à te manquer. Tes poumons respiraient trop aisément, il fallait les alourdir de goudron et les noircir jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que de la cendre. [Oh, ça va. Ce n’est pas très grave s’ils sont laids, on ne les voit même pas.] Et ça prouve à quel point tu es franchement écœurant de l’intérieur, peu importe l’enveloppe extérieure que tu abordes. [Comme je dis, ça ne se voit pas, alors ce n’est pas très important. Et je ne suis pas le seul à fumer dans ce bas monde. Tu as la preuve vivante devant toi. Je peux bien faire ce que je veux de ma santé, lâche moi la grappe! Et donne-moi une cigarette.] Va t’en chercher une par toi-même. Tu es un grand garçon, tu peux te débrouiller. [Tsk.] Accro.

- À votre avis, devriez-vous vous méfier? renvoyas-tu, gardant tes airs amusés et embarquant dans son jeu.

Répondre directement aux questions? Jamais. Tu préférais tourner autour du pot et demander. Tu n’avais jamais été doué pour répondre aux autres et tu te surveillais même davantage face à quelqu’un qui travaillait dans la psychologie de loin ou de proche. Tu détestais lorsque l’on te décortiquait, préférant garder tes sales petits secrets pour toi-même. En réalité, n’étais-tu pas celui qui se méfiait? Tu te méfiais toujours, incapable d’accorder ta confiance. Même si tu disais qu’elle se gagnait, jamais tu ne l’offrais complètement. C’était impossible. Les autres avaient toujours un coin sombre, une partie d’eux que tu ne pouvais pas connaître, alors tu ne pouvais pas te fier à eux. C’était encore plus vrai lorsque l’on parlait des psychiatres, neuropsychologues, psychologues, etc. Eux, ils t’écoutaient, mais ne disaient rien. À chaque fois que tu te retrouvais en leur compagnie, tu avais l’affreuse tendance à te lancer dans des âneries et des mensonges sans fin, assez pour que l’on soit incapable de mêler le vrai du faux. Même toi tu devenais incertain. Peut-être était-ce pour ça que tu avais atterri en prison la première fois, tu n’aurais pas dû te moquer du psychologue de l’époque. [Hm? Il avait pourtant déjà décidé de ce qu’il en serait. Tu aurais dû voir son regard! Enveloppé de préjudices et d’idées préconçues. Comment juger équitablement? Personne ne sait être objectif, tous sont influencés par leurs propres idées. ] Tiens, tu dis quelque chose d’un tant soit peu censé, mélangé à une certaine paranoïa puisque tu as sans cesse l’impression que l’on te juge. [Mais c’est qu’on le fait!] Évidemment que l’on fait. Réalises-tu seulement comment tu agis? [Comme un gentleman?]

Aujourd’hui, malgré ton éternel ennui, tu te sentais généreux et ce fut avec plaisir que tu sortis une allumette du paquet, un réel sourire aux lèvres. D’un geste habile, tu l’allumas et la couvris de ton autre main, histoire que le vent n’éteigne pas la maigre flamme. Tu pris un pas pour approcher le feu de la clope, ayant pour une fois la décence de garder une distance respectable. Avais-tu compris le principe des bulles personnelles? Quel miracle! [Mais je l’ai toujours compris! Une bulle sert seulement à être éclatée, un peu comme celle des savons.] Seulement, tu n’étais plus un enfant et tu n’avais pas leur innocence lorsqu’ils éclataient du bout des doigts lesdites bulles. C’était un jeu candide et les tiens, au final, n’avaient plus rien de candide. Celui que tu t’apprêtais d’ailleurs à lancer était tout sauf naïf. Tu allais tenter le diable, si l’on peut dire. Tu voulais évaluer ses capacités ou peut-être que tu voulais aussi évaluer les tiennes. Tu aimais mettre de l’avant des comédies, des faussetés, et observer les gens après coup. Avaleraient-ils tes mensonges ou non? C’était un passe-temps qui te séduisait comme nul autre. Là encore, tu avais décidé de t’amuser, de t’approprier un problème que tu n’avais pas. N’en avais-tu pas déjà assez? Pourquoi en rajouter? Tu lanças ton plan lorsqu’une connaissance passa près de vous, t’appelant et te saluant tout en te taquinant, disant de ne pas jouer au chaud lapin. La partie était lancée et tu revêtis un sourire crispé, un peu mal à l’aise en lui lançant un regard. Quelques répliques suivirent avant qu’il ne reparte aussitôt. Une étrange expression énervée, voire un peu peinée, tourmenta tes traits, tandis que tu murmurais comme pour toi-même, assez faiblement pour que cela soit discret, assez fortement pour qu’il puisse t’entendre.  

- Tsk. C’était qui merde.

Puis tu ramenas ton regard sur le neuropsychologue, feignant à la perfection une légère surprise avant de reprendre tes airs amusés et neutres. À quoi, exactement, jouais-tu?


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Reed Clarence


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MessageSujet: Re: What’s up with your brain? [Guarnicionero J. Piero]   Lun 14 Mar - 23:14

Entre les questions nombreuses qui faisaient ressortir une carence de réponses, les sourires imprégnés de malice donnaient la nette impression qu’ils se livraient à une sorte de jeu; restait encore à déterminer lequel. Il fallait dire que le détenu ne lui laissait pas beaucoup de chance, avec ses réponses qu’il lui renvoyait à la figure les unes après les autres comme une balle que l’on renvoie à son adversaire. Mais si c’avait été facile, le jeu aurait certes perdu l’ampleur de son intérêt. Un instant, le neuropsychologue se demanda si l’interaction avec le singulier personnage aurait attiré son attention s’il n’avait pas possédé ces petites tiges de bois voulant rallumer une énième fois sa dépendance. Au-delà du tabac, il était difficile de nier qu’il avait quelque chose de mystérieux, avec ses joues tatouées, son air espiègle et son allure excentrique. Clarence contempla à nouveau sa moue taquine tandis que le détenu le mettait en garde contre l’information que le neuropsychologue lui avait gratuitement dévoilée. Comme s’il lui lançait un défi, le prisonnier renchérit en s’enquérant de l’opinion de Clarence quant à la méfiance dont il devait faire preuve ou non envers lui. Voulait-il une réponse sérieuse? Pour Clarence, il était évident qu’il était risqué de ne porter aucune méfiance envers un détenu qu’on ne connaissait guère, tout comme pour à peu près n’importe quel inconnu en milieu carcéral. Ce qui ne signifiait néanmoins qu’il se permettait de juger aussi promptement un individu, surtout lorsqu’il semblait possédé une psyché d’allure aussi complexe à priori.

À nouveau, le regard du neuropsychologue dériva vers les doigts du prisonnier qui protégeaient la flamme jaillissant de l’allumette qu’il venait de gratter. Au son de l’étincelle qu’il préférait amplement à celui du briquet achevé, Clarence compris l’invitation et amorça à son tour un pas vers le prisonnier, non pas sans le sonder d’abord d’un coup d’œil attentif aux détails. Néanmoins satisfait, avant de ramener sa clope à ses lèvres, Clarence en profita pour donner son opinion face à la question du détenu quant à la méfiance subjective dont il aurait été correct de faire preuve; c’était donnant-donnant, après tout.

- Il serait prématuré d’en juger; laissez-moi au moins le temps d’une cigarette pour me faire une idée, fit Clarence avec un léger haussement d’épaules.

C’était un peu comme une permission qu’il lui demandait tout en cherchant l’approbation dans son regard, mais face à l’attitude apparemment passive de l’homme qui lui faisait face, Clarence se permit de porter sa cigarette à ses lèvres avant de se pencher pour en allumer l’extrémité. Doux soulagement instantané.

En relevant son regard vers le sien tandis qu’il se redressait, Clarence remarqua pour la première fois les iris chaudes de son compagnon, brûlant presque comme la combustion qui brillait à l’extrémité de sa cigarette. « L’antithèse des miennes, » pensa le neuropsychologue aux prunelles froides et ternes derrière ses lunettes. Dans un autre contexte, Clarence l’aurait sans doute complimenté, n’ayant sans doute jamais vu d’œil si ambré qu’il en paraissait purement doré; il s’en ravisa néanmoins, ne sachant toujours pas à qui il avait affaire. À la place, il tira longuement sur sa cigarette, soufflant un nuage blanchâtre qui se perdit derrière lui dans un souffle du vent. Clarence remercia le jeune homme d’un modeste hochement de tête, avant de s’écarter légèrement pour s’adosser à nouveau contre l’imposante clôture. Entre deux bouffées, le jeune homme renchérit :

- Mais de toute façon, est-ce que je viens de révéler quelque chose de vraiment étonnant?

Parce que le cellulaire de n’importe quel employé du milieu carcéral se devait, à son avis, contenir de quoi amuser un prisonnier ennuyé, le sien pas plus que celui d’un autre. Mais avant que son point ne puisse s’étaler davantage, ils furent tout de suite interrompus par un autre détenu qui passait par là, l’air amusé par ses remarques teintées de grivoiseries. Le neuropsychologue s’attendit alors à être abandonné par son compagnon qui semblait avoir retrouvé une connaissance sans doute bien plus divertissante que lui-même, qui, après tout, lui fumait au visage tout en se doutant bien que le détenu n’aurait certes pas refusé deux ou trois bouffées. Pourtant, la réaction du prisonnier le surpris : Clarence observa attentivement les traits du détenu se déformer dans un semblant de malaise, comme s’il avait du mal à comprendre ce qu’il lui arrivait. Instinctivement, le neuropsychologue pensa qu’il agissait peut-être ainsi volontairement par une sorte de gêne ou de crainte de jugement, sachant que Clarence était là à suivre leur conversation par sa simple présence sur les lieux. Mais il y avait quelque chose de franchement confus dans le regard du jeune prisonnier qui rendait l’hypothèse peu plausible, surtout vu le murmure que le détenu sembla prononcer pour lui-même, mais que le neuropsychologue attrapa tout de même. Jouer la comédie pour protéger son intégrité?...

- Vous ne le connaissez pas?, questionna Clarence. En tout cas, lui semble très bien se rappeler de vous… si vous voyez ce que je veux dire.

Clarence ponctua la fin de sa phrase avec un clin d’œil suggestif rempli de sous-entendus. Pourtant, le soupçon limpide d’un éventuel trouble de mémoire s’était automatiquement formé dans son esprit. « Déformation professionnel, » se dit-il tout en insufflant sa fumée sur le côté pour ne pas asphyxier son compagnon, sachant pertinemment qu’il était trop tôt pour tirer de telles conclusions. Mais il lui tardait déjà d’entendre la réaction du jeune homme qui, déjà avait repris ses airs désinvoltes. Oui, à quoi jouais-tu?
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Guarnicionero J. Piero

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MessageSujet: Re: What’s up with your brain? [Guarnicionero J. Piero]   Sam 26 Mar - 4:00


La flamme, vacillante et frêle, réchauffait tes paumes. Même petite, sa chaleur ne faiblissait pas et aux moindres faux mouvement, ta peau en paierait durement les frais. L'odeur de chair brûlée n'est pas exactement appétissant, tu te souviens? [Si ce n'est pas la mienne, ça peut toujours l'être. Il paraît que les bébés goûtent le poulet. Tu veux en prendre une bouchée?] Très peu pour moi; je n'ai pas envie de me remplir la panse avec des morceaux de viandes humaines. N'as-tu donc aucune moralité? [Hm? Si, si. Les restes du repas, je les donnerais aux démunis, aux orphelins, ceux de la misère. N'est-ce pas généreux de ma part?] C'est surtout tordu, écœurant. Quand tu agis comme un saint, comme un homme bon, ça cache forcément un péché, une mauvaise blague. Jamais tu n'agis par gaité de bon cœur, il y a toujours quelque chose qui taraude tes arrières pensées. Ce fut le cas par le passé, ce le serait pour le futur et ce l'était pour l'instant présent. Présenter du feu par générosité? Sérieusement? Tu ne voulais qu'apercevoir un peu mieux son visage, détailler ses traits et ses yeux un peu plus. Il ne fallait pas juger un livre par l'apparence, mais la couverture donnait un avant-goût. [Elle était souvent plus intéressante, de toute façon. Et plus jolie. J'aime ce qui est joli, tu ne vas pas me dire que c'est mal!] Ce qui est mal, c'est plutôt les envies qui t'éprenaient, les désirs que tu avais envers ces jolies choses. Heureusement que l'homme ne pouvait pas lire tes pensées, il en serait dégoûté.

- C'est une bonne idée; prenez donc votre temps pour la consumer, approuvas-tu d'un clin d'œil complice. D'ici-là, je tenterai de dissiper votre méfiance ♥

Dès qu'il alluma ladite cigarette, tu secouas la main pour éteindre l'allumette, les maigres cendres voltigeant au gré du vent. Aussitôt, tu laissas le reste du bâton tomber au sol, le carton rejoignant quelques mégots écrasés. Vaguement, tu te disais qu'il faudrait mentionner à Abel son manque de rigueur quant au nettoyage de la cours, que monsieur devrait redoubler d'efforts s'il ne voulait pas être renvoyé. [C'était si malpropre! Ha, je n'en reviens pas, ça m'en lève le cœur.] Si tu arrêtais de l'enquiquiner durant son travail, il aurait peut-être plus de faciliter à passer la serpillère et le balais. Sauf que tu te mets toujours dans ses pattes et qu'en prime tu te permets de salir l'endroit à ta guise, arrête de te plaindre.

- Hmmm, pas vraiment, en effet, avouas-tu en penchant la tête à gauche et à droite comme pour appuyer tes dires, les bras croisés et tout sourire.

Tes pensées dérivaient légèrement, réfléchissant au jeu dans lequel tu voulais te lancer. Comble de chance, une de tes connaissances te donna exactement ce que tu cherchais et tes idées se peaufinèrent. Tu avais l'habitude d'élaborer rapidement des mensonges; tu n'avais pas le choix, c'était ta façon de te sortir des emmerdes - et tu te mettais souvent dans la merde, et ce jusqu'au cou. Ta langue, c'était une vipère, une profane. Vivement, tu incorporas le soudain rôle que tu t'étais offert, confiant dans tes talents d'acteur. Pour bien mentir, il fallait bien jouer la comédie et mimer des émotions, des sentiments, des pensées, était si aisé pour toi que c'en était ridicule. [Voyons, ce n'est pas très compliqué. Un faux sourire par là, un air étonné par-ci, un rictus de dégoût là et un rire aigue là, un commentaire sympa et un autre moins sympa. Il suffit juste de tout bien placé au bon moment, de doser son acte. Je suis certain que même toi tu y arrivais!] Nous n'avons pas tous ton aisance; c'en est frustrant! Toi qui observes tout le monde, tout qui passe tes journées à contempler les faits et gestes d'autrui, tu avais appris à les imiter à la perfection. N'était-ce pas comment ça que les humains apprenaient? Quand nous sommes jeunes, enfants, nous reprenons les gestes que nous apercevons et nous nous les inculquons. Il suffit de prendre exemple sur son entourage et tu faisais exactement la même chose, même des décennies plus tard.

- Probablement que je le connais? Répliquas-tu d'un rire mal à l'aise.

Saupoudrant un peu de nervosité au tout, tu te tortillas légèrement sur place, portant ton poids d'une jambe à l'autre comme si tu cherchais à cacher ton embarras, voire ton énervement. Tu voulais que ce soit plus vrai que nature et tu t'y attelais. Au clin d'œil suggestif, tu pouffas quelque peu, portant une main à tes lèvres. Si seulement il savait! Le bas de ta ceinture ne s'était jamais réellement restreint et, en prison, tu t'en donnais toujours à cœur joie. S'il fallait dénombrer le nombre de personne avec qui tu avais joué de cette manière, ça n'en finirait plus. [J'avais bien l'intention d'en rajouter une à la liste. Prochainement, si tu vois ce que je veux dire?] J'aimerais bien dire que non.

- Sinon, vous n'auriez pas une cigarette en trop? T'enquis-tu, changeant expressément le sujet, tout en tapotant tes lèvres de ton index. Mon corps commence à réclamer la nicotine et son poison; ça fait un moment que je n'ai pas eu droit à une clope.

Mensonge; tu en avais pris une la veille. [Voilà, ça fait un moment!] Si tu le dis. C'était surtout l'odeur qui venait titiller ton nez, te rappelant le délice du tabac, qui attisait ton désir d'un peu de goudron dans la trachée. Ces petits bâtons avaient le don de t'apaiser, de te calmer, et de remettre en ordre tes pensées. Ils t'aidaient à te relaxer, à raisonner. Lorsque tu réfléchissais à une de tes sales manigances, tu te devais d'avoir une clope au bec ou tu avais l'impression que tes capacités intellectuelles chutaient drastiquement. Mais, toi comme moi le savions, ce n'était qu'une impression. Cigarette ou pas, tu restais ce faux imbécile heureux à l'intellect un peu trop élevé pour son propre bien.
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What’s up with your brain? [Guarnicionero J. Piero]

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