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 La fiction et la réalité sont à des mondes d'écart... | Ft. Morten le coincé des miches.

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Fabriny O. Kyllian


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MessageSujet: La fiction et la réalité sont à des mondes d'écart... | Ft. Morten le coincé des miches.   Mer 25 Mai - 23:06

I need something to sedate me but I can't afford the high. Give me something to help me escape smells like a freak show.
Smells like a freak show right where I want to be. Come taste the dirt, the dirt, the dirt... I smell a freak show, there's something wrong with me, want it to hurt, it hurts, it hurts. •••     “ Ramener un livre porno de la bibliothèque. ” Piero manque cruellement d'imagination ; il tend même à se répéter – comme les chansons commerciales qui tournent à la radio jour et nuit et que les gardiens fredonnent à longueur de temps. Il se fait sûrement un peu vieux, si bien qu'il ne doit plus amuser la galerie, pour un clown. Pauvre ersatz de pierrot dénué de masque et dont les seules fantaisies se révèlent être des tatouages ridicules… Une étoile et une goutte. Je pourrais d'ailleurs retracer ces symboles les yeux fermés tant la sale face de Piero s'est imprimée sur mes fovéas. À force de fréquenter ce crétin, je vais finir par ne plus pouvoir le voir ne serait-ce en peinture.
“ Eh ! Je t'ai volé ton nez ! ” “ Eh Eh ! Regarde, j'ai ton nez ! ” “ Eh ! Je t'ai volé ta virginité ! ” Ah. Ça n'amuse personne. Comme lui quoi.

Je vais lui prouver que son défi est un véritable jeu d'enfant. S'il pense pouvoir m'avoir avec un pari aussi simple, il se met profondément le doigt dans l’œil. Jusqu'au coude, même.

J'étais donc là, à arpenter les couloirs de Luriguancho, le crâne grouillant d'idées quelconques. Mes doigts tapotent fébrilement mes cuisses au rythme d'une musique que je suis bien le seul à entendre et que je ressasse depuis plusieurs jours déjà. Une horrible et insidieuse ritournelle qui, depuis qu'elle s'est confortablement logée sous mon crâne, ne désire plus en ressortir. Je soupire ; je suis doué pour retenir les conneries, mais alors quand il s'agit de faits plus importants, il n'y a plus personne.

Je cesse de fredonner lorsque la porte de la bibliothèque est à portée de regard. Sans hésitation, je pénètre dans cette antre de savoir et prends un bref instant pour observer les lieux, n'y étant jusqu'alors jamais entré. Qu'est-ce que j'irai faire dans une bibliothèque, hein ? Pas sûr que le responsable apprécie de découvrir des prisonniers forniquant contre une de ses étagères…

« Hey ? »

J'appelle en me déplaçant tranquillement au gré des allées. Je m'arrête à celle annotée « S » et cherche les fameux livres demandés par Piero, sans pouvoir en débusquer un seul. Rien. J'ai beau chercher, utiliser des mots clefs comme « 69 » « MILF » « Anal », je ne débusque rien de bien intéressant. Et puis, sincèrement, je ne pense pas qu'il accepte un livre parlant de la reproduction des rhinocéros ou des bienfaits du gingembre sur la libido… Tsk. Si ça se trouve, Piero m'a demandé d'aller chercher ces bouquins car il n'ose pas le faire lui-même et subir les regards lourds de sens des autres. L'idée, bien que peu probable, a au moins le don de m'amuser.

Je me mets donc en quête de trouver le responsable. Je l'ai déjà vu quelques fois à la cantine ou au détour des couloirs, mais je ne sais strictement rien de lui. En dehors du fait qu'il était plutôt sexy, évidemment. … Oh. Son nom de famille, aussi. Il court de lèvres en lèvres ces derniers temps, après tout. Steensen par ci, Steensen par là...

« M'sieur Steensen ? »
Chuchoter dans une bibliothèque ? Je ne connais pas ce principe.

Un rictus amusé aux lippes, je finis par tomber sur ce fameux blondinet. À l'arrière de son crâne, ses cheveux rebiquent à la façon d'un cul de canard : un fan de Sasuke, peut-être.

Un mec dormant à quelques cellules de la mienne m'a dit des choses bien drôle sur lui, d'ailleurs. J'ai surtout retenu le fait qu'il ne rêvait que de lui déboucher la tuyauterie. J'en ris encore.

« Oh. Bonjour. Y a un problème avec votre bibliothèque, vous savez ? Manque le rayon le plus crucial ! Vous allez faire comment hein, avec une horde de prisonniers en manque ? Vous y pensez pas, à ces pauvres mecs n'ayant rien d'autre que leur main droite (ou celle de leur colocataire de cellule, évidemment. Voir les rouleaux de PQ pour les plus bizarres), pour se détendre… Faut un rayon de porn ! »

Je tape du pied, faussement impatient, tandis que mes prunelles le dévorent de bas en haut. Pour une fois que je l'ai en face, pourquoi ne pas observer ? Je ne fais de mal à personne…

« Vous pouvez commander ce genre de trucs nan ? J'sais pas moi. Des livres de cul, des bandes dessinées, du hentai, du yaoi... Même du tentacle si c'est votre trip. Je juge pas.»
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Steensen Morten


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MessageSujet: Re: La fiction et la réalité sont à des mondes d'écart... | Ft. Morten le coincé des miches.   Dim 17 Juil - 4:30


Le chariot, chargé de livres, était aussi déplaisant qu'une épine dans le pied. Les roulettes étaient vieilles, un brin rouillées, et elles grinçaient autant qu'elles s'enrayaient. Pour l'unième fois, tu manquas de faire volteface, tandis qu'il s'immobilisait, les roulettes bloquées suite à un tournant. Changer de rangée était toujours laborieux et tu en venais à détester ranger les livres, car il y en avait plusieurs, voire énormément, et ils s'empilaient maladroitement sur les étages du chariot, tanguant au moindre faux mouvement. Tu n'aurais pas cru que ces barbares, ces écervelées, puissent s'intéresser à la littérature, du moins, pas à ce point. Sauf que tu savais, probablement mieux que quiconque, qu'il valait mieux se plonger dans un bouquin que mourir d'ennui. C'était le pire des ennemis, le pire des bourreaux, et lire avait le mérite de le chasser.  

Soupirant, tu te penchas, attrapant à la volée un livre qui, suite à tes vaines secousses pour déloger le chariot, avaient perdu son équilibre précaire, menaçant de chuter et, selon ton humble avis, abîmer un manuscrit relevait du sacrilège. Tu préférais te cogner, te couvrir de bleus, que de l'endommager. Machinalement, tu regardas la couverture, l'observant dans son ensemble avant de jeter des coups d'œil à gauche et à droite. À cette heure-ci, la bibliothèque était relativement vide et, de toute manière, ce n'était pas comme si tu croulais sous le travail. Alors, tu t'octroyas une petite pause, t'assoyant tout contre l'étagère, les jambes fléchies vers ton torse, tandis que tu y déposais tes coudes, levant le livre à hauteur d'yeux. Un peu d'adrénaline dans le corps, ce léger sentiment d'interdit te rappelait des souvenirs, du temps où Vincent et toi lisiez en secret une fois la nuit venue, cachés sous les couettes, une lampe de poche en main. Maintenant que tu y réfléchissais, ce n'était pas très subtile et il aurait suffit à vos parents d'ouvrir la porte de votre chambre pour se rendre compte de votre désobéissance. Seulement, ce que vous faisiez ne les avait jamais réellement intéressés. Tant que cela ne salissait pas leur réputation, vous étiez libre de vos passe-temps. Enfin, plus ou moins.

Te plongeant aussitôt dans ta lecture, tu en oublias la bibliothèque, Luriguancho et tout le reste. Le temps, le travail. Plutôt, tu te laissais bercer par les mots, les scènes défilant dans tes pensées, et ce jusqu'à ce que la voix d'un homme t'interrompe. Elle prit un temps à se rendre jusqu'à ta matière grise et une fois que tu l'assimilas, tu en sursautas légèrement. Et merde, il était obligé de venir à ce moment précis? Le chien. J'espère qu'il n'en a pas pour longtemps. À regret, tu dus délaisser ton passionnant livre. Te mordillant la lèvre inférieure, tu te redressas finalement, lançant des coups d'œil à l'un des chefs d'œuvres de Voltaire. Tu étais à un passage si intéressant, si envoûtant, et arrêter ta lecture en si bon chemin t'irritait. Sans parler que l'intrus t'avait salué d'une manière bien irrespectueuse. L'on disait « bonjour » et non « hey ». Bon gré mal gré, tu commençais cependant à t'habituer à ce manque de politesse. Les détenus étaient des babouins et les gardiens, souvent, ne valaient pas mieux. C'était des brutes dont le QI devait frôle le cinquante et converser intelligemment devenait un véritable miracle. Parfois, tu te demandais bien pourquoi tu avais appliqué ici, entrainant Vincent à ta suite.

En dépit de l'avoir entendu, tu fis mine d'être sourd, te remettant plutôt au travail et désenrayant le chariot, te lançant dans l'atroce mission qu'était celle de ranger les livres. Tu connaissais les rayons sur le bout de tes doigts et, pendant que l'importun cherchait, tu glissas quelques bouquins sur les étagères, les alignant parfaitement l'un à la suite de l'autre. Toutefois, tes prières silencieusement émises ne furent pas exaucées et le prisonnier - que tu reconnus au bracelet - vint t'interpeller. Comme tu étais de dos, tu te permis une légère grimace, un rictus un poil énervé, avant de te retourner vers l'homme, un sourire avenant ourlant tes lèvres.

- Oui?

Mais ta gueule, petit con. On ne crie pas dans une bibliothèque, ta mère ne t'a pas appris les bonnes manières? Tsk. Saleté. Te retenant de tiquer, tu l'écoutas d'une oreille distraite, serrant les poings afin d'éviter de le gifler ou de l'attraper par le collet et de le jeter par la porte, le cul sur le plancher. Tu avais bien envie de le balancer aux ordures, car, c'est ce qu'il était. La voix un peu tremblante, tu gardas pourtant un ton professionnel, et ce même si tu désirais l'engueuler comme du poisson pourri et de lui apprendre deux ou trois trucs à propos de la littérature. Tu préféras d'ailleurs passer sous silence une grande partie de ses paroles, faisant comme s'il ne les avait jamais prononcées. Si tu perdais ton sang froid pour si peu, tu ne ferais pas long feu, et tu ne désirais pas que l'on te renvoie après seulement quelques mois de travail.

- Malheureusement, ce type de livre n'est pas autorisé à la bibliothèque. Si vous avez une plainte à formuler, il faudra la déposer au directeur.

Maintenant, dégage, le porc.

- Je peux vous aider avec autre chose?

Tu proposais ton aide, mais, silencieusement, tu espérais qu'il n'en ait pas besoin et qu'il tourne les talons. Il avait à peine eu le temps d'ouvrir sa trappe qu'il te déplaisait déjà. Enfin, il faut dire que tu n'aimais personne, mais lui tout particulièrement te rebutait plus que les autres. C'était, tu le sentais, un détenu pénible et tu n'avais sérieusement pas l'envie de te le coltiner.
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