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 Soleil, soleil, N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ? [PV Vibora Yasna]

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Gunter Barbara


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MessageSujet: Soleil, soleil, N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ? [PV Vibora Yasna]   Mar 24 Mai - 5:03


Barbara fixait le bleu du ciel de ses yeux caramel avec rancœur.
C’était son premier jour de cabane à Luriguancho.
Le soleil de midi, inconscient de toute son amertume, était si haut dans le ciel qu’il surplombait la Cour du centre pénitencier avec intensité, pour proclamer son règne, respecter ses engagements printaniers et étaler avec force sa narquoise allégresse. Pas un nuage pour oser le voiler ou même lui faire de l’ombre. Pas un œil assez fou pour le fixer jusqu’à en perdre la rétine. Répandant lumière et chaleur, il dominait en maître, il avait le monopole et tout le reste était à sa merci. Barbara faisait la moue.
Elle aurait dû naître Astre Solaire.

Au lieu de ça, elle se retrouvait dans un trou, une saleté de bracelet autour de la cheville gauche, et trainait des pieds avec une lenteur exaspérante, avançant lourdement les semelles de ses baskets autrefois blanches contre le pavé usé, si fort qu’elle finirait bien par arriver à creuser un sillon après chacun de ses pas. Elle ne se sentait bonne qu’à aplatir sa peine dans ses chaussures, qu’à l’écraser et la martyriser.
Heureusement, elle pouvait jouir de sa morne occupation dans la plénitude solitaire et silencieuse d’une cours déserte à l’heure de la popote ou tous les pensionnaires étaient en train de se remplir la pense au réfectoire. Quand la police colombienne, après l’avoir escortée jusqu’à Luriguancho, l’avait abandonnée dans la cellule numéro sept, Barbara s’était immédiatement octroyé le droit d’aller dehors, après avoir balancé son antique sac de voyage sur une des couchette disponible de sa futur geôles, histoire d’aller strier les dalles de pierres sous le soleil de plombs.
Elle n’était pas pressée de faire l’état des lieux du sordide bazar dans lequel elle allait devoir demeurer à présent.
Bien au contraire, elle avait besoin de lumière, d’air frai, de marcher principalement, de se fatiguer, de se bouger. Surtout ne pas se figer, ne pas cogiter…
Juste avancer, enfin, se trainer était le terme le plus approprié à sa démarche actuelle.

Quand elle se retrouva alors soudainement nez à nez avec un des hauts murs, surmontés de barbelés, qui marquait déjà la fin du « parc d’attraction », elle s’arrêtât net et le considérât gravement, de toute sa petite taille de crevette, avec contrariété et aversion.
Ce haut rempart habillé de piquants, qui, comme une réponse muette et intransigeante à ses déambulations acharnées, signifiait que quoi qu’elle envisage de faire, elle allait rester coincée à la naissance de ses machiavéliques fondations…
Barbara clignât durement des yeux et baissa la tête vers les pieds du mur tandis que des tourbillons de pensées glaciales se mettaient à piquer son esprit aiguisé. C’était rageant…
Elle sentit sa gorge devenir douloureuse sous le poids du désarroi et de la rage. Voilà une heure, même pas, qu’elle était dans ce foutu bloc de pourris et elle avait déjà la gerbe !
Elle aller crever ici, aujourd’hui ou demain, au pieds de ces murs, comme un chien, un clebs qui meurt de soif et d’épuisement après avoir tourné en boucle comme un damné autour de sa niche.
Et encore c’était trop beau ça, comme mort.
Elle redoutait plutôt l’aliénation et surtout, la folie des autres…

•.......•


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Vibora Yasna


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MessageSujet: Re: Soleil, soleil, N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ? [PV Vibora Yasna]   Sam 28 Mai - 19:52





Le ciel était bleu. Un bleu éclatant. Et le soleil brillait, sembla narguer de son éclatante beauté tous les prisonniers de Lurigancho.

« Salaud »

Un murmure, passant les lèvres de Yasna, alors qu'elle observait le dit ciel, posée contre le mur. Seule, chose rare. Mais elle sentait tout de même sur elle le regard d'Esteban, son frère entre ces murs. Depuis la disparition de Mario, il ne la laissait aller nulle part sans être protégée par quelqu'un en qui il avait confiance. Chose qui l'exaspérait, mais qu'elle supportait.

Elle connaissait la raison de toute cette inquiétude.

Et c'est aussi pour cela qu'elle profitait de ce petit moment de solitude pleinement.

Pourtant, il semblait bien qu'on avait décidé, quelque part, qu'elle n'aurait pas le droit de rester seule plus longtemps. Voilà une petite blonde qui se ramenait, à quelques mètres. Quelques pas. Elle observait le haut des murs, le ciel moqueur, et semblait... Désespérée.

Une nouvelle venue entre ces murs. On les repérait si facilement. Un léger sourire vint ourler les lèvres de l'ancienne mannequin qui s'approcha de l'infortunée prisonnière.

« Si tu rêves à ce qu'il y a dehors petite. Ce qu'il y a ici te bouffera toute crue. »

Après cette entrée en scène, Yasna se décolla du mur, pour s'approcher de la minette, d'un pas tranquille et assuré. Elle était toujours à l'aise avec les autres femmes. Et puis, la demoiselle en face d'elle était vraiment minuscule. C'est vrai que Yasna était grande, encore plus pour une femme, du haut de son mètre quatre-vingt-dix, elle dominait de deux têtes, au moins, la crevette blonde en face d'elle. Elle lui tendit la main, tandis que de l'autre, elle tirait sur sa clope.

« Yasna. Habituée de très longue durée de ce petit monde. Si t'as des questions ou des problèmes gamine, viens me voir. »

Yasna avait cette vieille habitude, celle de prendre les femmes qui arrivaient, surtout celles aux airs fragiles comme cette demoiselle -même s'il ne fallait pas toujours s'y fier- sous son aile. Entre ces murs, elle était aussi la femme la plus puissante. Parmi les prisonniers du moins. Alors, quand une mignonne fillette ramenait sa fraise ici, et qu'elle savait qu'elle pourrait la protéger. Elle n'hésitait pas.

Elle même quand elle est arrivée. Des femmes l'ont protégée, aidée. Lui permettant de devenir ce qu'elle était désormais entre ces murs.

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Gunter Barbara


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MessageSujet: Re: Soleil, soleil, N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ? [PV Vibora Yasna]   Dim 29 Mai - 15:14

Barbara était restée figée, les pieds collés au mur qui délimitaient la place de la cours, les yeux rivés vers ses sommets, sourcilles froncés par la contrariété et la luminosité ambiante.
Elle se sentait lamentablement dominée et impuissante face à cette immense construction que constituait cette prison de fous furieux.
Enfin, fous furieux, elle s’imaginait qui l’étaient tous, sans problèmes.
Le genre d’individus qui devaient peupler cet endroit malsain était surement infecté de pédophiles et de tordus sexuels, de criminels, de mauvais braqueurs et toute sorte de répugnants personnages.
Non pas qu’elle-même était blanche comme neige, après avoir fréquenté depuis le plus jeune page de nombreux trafiquants qui évoluaient dans le milieu de la poudre.
Des gros durs, elle en avait déjà vu.
Des assassins et des violeurs aussi. Elle en avait même fait les frais. Malgré tout, elle ne se considérait pas comme une raclure de la société. Elle avait était abandonnée, manipulée, exploitée et meurtrie.
Elle était une victime. Et même si, nantie d’un caractère bien trempé et colérique, elle était capable de se défendre, de s’isoler ou de commettre, à son niveau, quelques atrocités ; Barbara était dans le fond une jeune fille douce et délicate.
Elle n’avait rien à faire là.

« Si tu rêves à ce qu'il y a dehors petite. Ce qu'il y a ici te bouffera toute crue. » C’était une voix de femme qui avait prononcé ces mots.
L’intonation était douce et amusée. Barbara ne se retournât pas tout de suite.
En fait, elle n’en eu pas besoin. L’inconnue fit irruption dans son champ de vision et s’approchât d’un pas félin et décidé vers elle.
Notre petite crevette, une pointe d’agacement dans le regard, la considérât avec stupeur. Elle était immense, magnifique et envoutante.
Cependant, Barbara ne lui rendit pas son sourire charmeur immédiatement.
Elle clignât d’abord des yeux, très lentement, pour émerger de ses pensées sordides et réaliser qu’une personne de la prison était finalement en train de lui adresser la parole.
On la mettait en garde contre les malades, apparemment des persécuteurs du genre cannibales, qui occupaient Luriguancho.
Mais Barbara, même si elle détestait déjà cet endroit et rêvait de le quitter le plus tôt possible, ne planait pourtant certainement pas non, elle savait très bien dans quel féroce endroit elle se trouvait.
Et elle se disait qu’elle saurait survivre ici.
Elle était sauvage, elle savait mordre.
La resplendissante jeune femme qui lui faisait face était montée sur des échasses, de sorte que Barbara devait lever le menton pour avoir une chance de croiser son grand regard maquillé de noir.
Étant petite de naissance, elle avait pris l’habitude de se sentir dominée par la carrure des autres. Cependant, là c’était assez impressionnant de se retrouver face à cette imposante créature.
Cette dernière lui tendit d’ailleurs la main d’un geste franc, tandis qu’une cigarette se consumait entre ses lèvres colorées.
« Yasna. Habituée de très longue durée de ce petit monde. Si t'as des questions ou des problèmes gamine, viens me voir. »
Barbara tentât un léger pas en arrière avant d’heurter l’épais mur contre lequel elle pestait quelques instants auparavant. Yasna lui proposait son aide.
Elle était donc une détenue de longue date qui avait réussi à s’imposer dans ce monde de barbares. Barbara se demandait comment avait-elle fait pour supporter des années de prison.
Bien sûr, c’était plus facilement de se faire une place quand on avoisinait les deux mètres et qu’on avait un look aussi singulier et marqué que le siens.
Barbara, pour le coup, se sentait presque ridicule, enfoncée dans ses baskets grisâtres, un jeans délavé autour de ses hanches maigrichonnes, et une chemise blanche trop large pour elle, qui lui donnait une allure de garçon manqué.
Elle passât une main dans ses cheveux, pour les ébouriffer un peu et se remettre les idées en place, puis de cette même petite main, elle empoignât celle de Yasna avec maladresse.
C’est qu’elle ne maitrisait pas vraiment les codes sociaux, la petite.

-« Merci. Je… En fait, je débarque là… Et ça va pas fort. J’tiendrais pas enfermée ici. Je vais crever… Ou bien tous les buter ! »

Ce flot de paroles c'était échappé des lèvres de la jeune fille avant que Barbara n’ait eu le temps de formuler au préalable dans son esprit des mots cohérents, qui auraient été susceptibles de former une réponse plus avenante et convenable que cette dernière.
Là, pour le coup, c’était plutôt...charmant, comme entrée de gamme.
Elle aurait surement mieux faire de lui dire un truc du genre. « Ravie de faire ta connaissance Yasna. Moi c’est Barbara. Je viens tout juste d’arriver à Luriguancho. Merci d’être venue à ma rencontre. Suis soulagée d’apprendre que tout le monde n’est pas hostile ici. »
Mais au lieu de ça, elle avait lâché ce brouillon dans une folle et malhabile précipitation.
De quoi faire fuir n’importe qui.
Et même si Yasna, qui pourtant était partie d’une bonne intention en s'adressant à elle, poussée par la curiosité ou peut être véritablement concernée par le cas de Barbara, était susceptible de bientôt se rendre compte que la gamine en question était véritablement désemparée, farouche et associable.
Mais après tout, se rassurât Barbara, ça aurait pu être pire. Effectivement elle aurait pu facilement se braquer, comme à son habitude, et dire à la grande perche de se mêler de se mêler de ses affaires !
Huereusement, n’étant pas encore en pleine possession de ses moyens -voilà quelques heures seulement que Barbara se trouvait coincée ici- le caractère fauve et hostile dont elle savait faire preuve ne s’était pas encore manifesté.
C’était une chance.

•.......•


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MessageSujet: Re: Soleil, soleil, N'est ce pas merveilleux de se sentir piégé ? [PV Vibora Yasna]   Ven 22 Juil - 14:43





La petite blonde semblait être impressionnée. Voire carrément terrorisée. Pourtant, Yasna n'estimait pas avoir été menaçante. Sa taille peut être, ou encore le fait qu'elle n'avait que la peau sur les os. Sa maigreur qui lui donnait l'air de ne plus vraiment être de ce monde. L'ancienne mannequin resta là, immobile, la main tendue. Comme face à un petit chat apeuré, elle ne faisait plus un geste, attendant que la jeune fille vienne d'elle même.

Jusqu'à ce qu'elle vienne serrer cette main tendue, d'une façon bien timorée. A des lieux de la poigne ferme et décidée de Yasna. Puis enfin, elle ouvrit sa bouche. Un étrange flux de paroles sans queue ni tête. Elle était complètement déboussolée. La détenue sourit légèrement. Tous les buter, hein ? Même si elle n'allait pas le dire à la blonde, Yasna pensait bien qu'elle avait plus de chance de crever rapidement que de buter les détenus d'ici. Ici, il n'y avait pas d'enfants de cœurs. Mais on trouvait surtout de nombreux monstres.

Et elle même n'était pas en reste. La petite demoiselle se doutait-elle qu'elle parlait présentement à une véritable tueuse en série ? Qu'importe. Yasna ne s'occupait que des hommes qui osaient faire du mal aux femmes.

« Détends toi p'tiote, détends toi. »

La jeune femme gardait ce vague sourire sur ses lèvres, rassurant. Elle laissa tomber sa clope et l'écrasa sous son talon.

« T'en as tiré pour combien ? »

Elle se demandait bien ce qui avait provoqué l'arrivée de la demoiselle entre ces murs. Les apparences étant trompeuses, elle se gardait bien de deviner son ou ses crimes qui lui avaient valu son séjour à Lurigancho.

« Ne te prends pas la tête, ne broie pas du noir, apprécie chaque petit bon moment. Si tu veux garder toute ta tête voilà c'qu'il faut faire. »

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