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 Évasion aux effluves alcoolisées [Rosado O. Zunilda]

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Reed Clarence


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MessageSujet: Évasion aux effluves alcoolisées [Rosado O. Zunilda]   Mar 12 Avr - 3:02

Il aurait sans doute dû dormir depuis déjà des heures. Il n’était certes que 21h, mais revenant à peine de sa courte escapade au Canada, l’épuisement causée par son vol jusqu’au Pérou pesait sur les épaules de Clarence, et bientôt la somnolence se ferait sûrement ressentir elle aussi s’il osait fermer l’œil. De surcroît, le neuropsychologue savait pertinemment que lorsqu’il entendrait l’alarme de son téléphone le lendemain matin pour aller travailler, il allait se maudire. Comme à chaque fois.

Pourtant, assis à sa table de prédilection du bar avec pour seule compagnie son ordinateur portable, Clarence porta à nouveau son verre à ses lèvres, avalant une énième gorgée de bière. À le voir de loin, ou même de proche, on aurait facilement pu croire qu’il travaillait sur un projet important. Ses yeux gris rivés à son écran, le menton appuyé dans la paume de sa main libre dont le bras était accoudé contre la table de chêne, le neuropsychologue lisait scrupuleusement un article scientifique d’apparence laborieuse; son front légèrement plissé témoignait de toute la concentration qu’il exploitait. Seulement, absolument rien ne l’obligeait à travailler ce soir; il avait déjà pris connaissance du dossier de ses patients du lendemain pendant qu’il était dans l’avion, et ses projets de recherche n’avaient pas d’échéance l’obligeant à faire des heures supplémentaires. Non, si Clarence s’entêtait à comprendre le verre à la main cette étude récente sur les effets du cortisol sur la mémoire, c’était par pur et simple divertissement. Certes, c’était ce qu’il vous aurait dit, nonobstant qu’il ait été conscient qu’à chaque fois qu’il revenait de voyage, il semblait avoir ce patron de comportements réguliers, ce besoin de se changer les idées. Oublier la culpabilité…

À peine avait-il mis les pieds dans son appartement au Pérou quelques heures plus tôt, sa valise derrière lui, Clarence avait déjà planifié sa fugue au bar cette soirée-là. Abandonnant ses bagages au vestibule, loin d’avoir l’intention de défaire sa valise ce soir, il avala rapidement un morceau afin de tuer sa faim imminente. Après s’être douché, savourant l’eau chaude pour ensuite enfilé un t-shirt d’une vieille tournée de Radiohead ainsi qu’un jean cassant le look sérieux que lui conférait les chemises portées habituellement à Luriguancho, Clarence attrapa la mallette qui contenait son ordinateur portable et passa son blouson de cuir sur ses épaules. Allumant une cigarette qui lui tînt compagnie un instant avant de mourir en cendres, il entreprit une marche jusqu’au bar, soufflant la fumée par-dessus son épaule en ignorant la fraicheur du vent qui lui griffait le visage.

Trente minutes plus tard il était là, commandant son premier verre en échangeant quelques phrases avec une jeune serveuse qui, apprit-il, ne travaillait dans ce bar que depuis quelques jours; une courte conversation lui permit d’apprendre qu’elle travaillait autant que possible dans le but de payer ses études universitaires en médecine; charmant. Le neuropsychologue aurait certes aimé en apprendre davantage, mais elle dut rapidement l’abandonner comme un petit groupe de jeunes venait de faire son entrée dans le bar. Sur son chemin, Clarence avait bien tenté de contacter quelques amis qui aurait potentiellement pu lui tenir compagnie le temps d’un verre, mais en vain. Ceux qu’il avait réussi à joindre avaient déjà des plans ou préféraient se reposer en vue de leur journée de travail du lendemain – décision sage, non? Intellectuel assumé, le jeune homme conclut qu’il serait tout aussi intéressant de prendre connaissance de cet article qu’un collègue de l’université lui avait envoyé quelques jours plus tôt. De toute façon, il avait juste envie de s’occuper l’esprit, le temps de faire passer la culpabilité qu’il ressentait à l’égard de la famille qu’il abandonnait une fois de plus dans son pays d’origine en échange d’une égoïste bouffée de liberté. Puis, les heures passèrent et les yeux obnubilés par son écran, il ne les vit pas passer.

Bientôt, son verre se vida à nouveau, et il fut confronter à un choix difficile : rentrer chez lui dormir ou s’en commander un autre. La décision rationnelle était évidente, pourtant la fatigue semblait s’être évaporée et l’alcool était certainement parvenu à calmer l’excès du sentiment de culpabilité qui l’avait traqué. Retirant brièvement ses lunettes, Clarence se frotta les yeux avant de reposer sa monture sur son nez, puis il jeta un coup d’œil aux aiguilles de sa montre. L’heure était encore décente et il pouvait certes se permettre de plonger dans la lecture de l’analyse des résultats de son article d’endocrinologie. Lorsque la serveuse repassa pour lui demander s’il souhaitait l’addition, Clarence commanda plutôt son prochain verre en se promettant intérieurement que ce serait le dernier. Elle lui avait souri en acquiesçant, revenant peu plus tard avec une rousse qu’elle lui servit dans un verre digne de sa qualité. Courts remerciements ponctuèrent la scène avant que Clarence n’eut le plaisir de tremper ses lèvres dans la mousse de son doux breuvage alcoolisé. Un éclat d’extase traversa ses prunelles tandis que les saveurs caramélisées se mêlèrent aux notes de tabac sur sa langue. Oubliant le bourdonnement des conversations qui l’entouraient çà et là dans le bar, Clarence replongea dans son univers de chiffres et d’hormones pour oublier tout le reste, jusqu’aux gens qui l’entouraient.
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Rosado O. Zunilda


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MessageSujet: Re: Évasion aux effluves alcoolisées [Rosado O. Zunilda]   Jeu 5 Mai - 18:22


 
 


Ce week-end n'avait pas été comme tous les autres. Puisque c'était le week-end où elle avait pu avoir chez elle ses enfants. Ses précieux enfants. Elle avait profité de chaque instant, de chaque seconde, avec ses trésors et son frère. De précieux moments qui s'étaient arrêtés trop tôt. Elle venait de reconduire ses enfants à la capitale. Elle y avait aussi laissé son frère, qui espérait y trouver du travail.

Puis elle était rentrée chez elle, seule. La soirée était déjà avancée. Elle avait mangé un dîner frugal, austère. Elle n'avait guère été d'humeur à cuisiner pour elle seule. Puis elle s'était installée devant la télévision, un verre de rouge entre les mains.

Et c'est en le finissant qu'elle se dit que puisque la solitude lui peinait, il serait peut être mieux d'aller au bar. Rapidement, elle se leva, mit son long manteau gris, et fila dans la nuit tombante. Elle finit par arriver aux Two Friends où elle se dirigea droit au bar, pour commander un verre de vin. Une fois entre les mains, elle porta son regard sur la salle. Des groupes, plus ou moins bruyants, sachant plus ou moins se tenir, principalement. Une personne seulement détonnait. Un solitaire qui avait l'air de travailler.

Jeune homme. La trentaine, son âge environ. Habillé à la sauvageonne comme elle aimait dire parfois. Cheveux bruns, ou noirs. Une paire de lunette. Le visage lui disait quelque chose, mais elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Elle se décida rapidement à aller le voir, glissant jusqu'à lui.

« Bonsoir. Puis je m'asseoir à cette table ? »

Un léger sourire tranquille et amical, tranchant peut être avec son air si bourgeois qu'elle avait, dans ce tailleur pantalon bleu marine. Les vêtements décontractés, Zunilda ne connaissait pas vraiment en fait. Après que l'homme eut donné son assentiment, elle s'assit en face de lui, et tendit rapidement sa main.

« Zunilda Rosado. Enseignante. »

Elle se présenta ainsi le plus simplement du monde. Elle n'avait guère envie d'expliquer son parcours compliqué qui l'avait finalement amené à enseigner aux détenus de Lurigancho, mais aussi les guider, les conseiller, afin qu'ils puissent se réinsérer dans la société après leur séjour à l'ombre. Elle croisa les jambes sous la table, et dans un geste élégant, but une gorgée de son verre de vin.

« J'espère que je ne vous dérange pas dans votre travail, mais la solitude me pesait, et votre compagnie m'avait l'air fort agréable, a contrario des autres occupants du bar. »

 

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Reed Clarence


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MessageSujet: Re: Évasion aux effluves alcoolisées [Rosado O. Zunilda]   Jeu 4 Aoû - 3:14

Il avait à peine effleuré un premier paragraphe qu’une voix féminine vint craquer sa bulle, laissant le brouhaha environnant du bar se glisser à nouveau jusqu’à sa conscience. Son menton soutenu dans la paume de sa main gauche, Clarence releva instinctivement ses prunelles vers son interlocutrice, abandonnant la lecture de la phrase qu’il avait amorcée. Son regard rencontra celui d’une femme grande, élégante, qu’il ne reconnut pas immédiatement. Il l’examina un instant, contempla son allure distinguée, se disant qu’elle détonnait dans l’ambiance décontractée du Two Friends –  particulièrement en cette soirée où le client moyen devait avoir au moins une dizaine d’années de moins qu’eux. Car elle devait certainement avoir approximativement son âge, quoiqu’il fût probable que son accoutrement sérieux – revenait-elle du travail? – ait pu la vieillir de quelques années. La trentaine, environ.

Clarence dut se fier à sa mémoire échoïque pour saisir les paroles qu’elle avait prononcées. En se les répétant mentalement, il se redressa sur son siège, sa mâchoire quittant sa paume tandis qu’il saisissait l’écho de ses paroles. De la compagnie? Il n’hésita que très peu avant de l’inviter à se joindre à lui. Certes, elle était la bienvenue.

- Je vous en prie.

Il lui désigna d’un bref mouvement le siège qui lui faisait face, lui rendant l’esquisse d’un sourire tout en se demandant où il avait pu croiser cette femme auparavant. Il avait la claire impression de l’avoir déjà vue quelque part; le gyrus fusiforme de son encéphale ne mentait pas. Pourtant, impossible de vraiment déterminer dans quel contexte il l’avait même peut-être déjà abordée. Même lorsqu’elle se présenta – d’une manière si simple, si directe qu’elle en était singulière –,  il n’aurait su dire s’il avait déjà entendu son nom par le passé.

- Enchanté. Clarence Reed, neuropsy’, l’imita Clarence, mais d’un ton qui se voulait désinvolte alors qu’il serrait la main rigide qu’elle lui tendait, comme pour casser le côté formel des présentations.

Elle était donc enseignante. Peut-être l’avait-il croisée à l’Université, lorsqu’il était en post doctorat quelques années plus tôt? Il détailla ses traits péruviens aussi poliment que possible, son nez fin, sa bouche sévère qui s’était étirée en un sourire à peine quelques instants plus tôt. Il était amusant aux yeux de Clarence de l’observer dans un mélange de délicatesse et d’assurance tandis qu’elle portait sa coupe à ses lèvres – vin rouge, cela cadrait avec le personnage –, dans un décor qui lui donnait peut-être l’air un peu coincée. Non pas que cela n’ait pu l’importuner, au contraire; sa soirée s’annonçait tranquille et c’était certainement mieux ainsi s’il voulait conserver sa réputation quand il se pointerait au travail le lendemain matin, lorsqu’il troquerait son vieux t-shirt pour une chemise distinguée.

Le commentaire qu’elle porta sur les occupants actuels du bar amusa Clarence. Certes, pas le genre d’individu qu’elle devait avoir intérêt à côtoyer, du moins elle n’en donnait pas l’impression. S’il avait été accompagné de quelques copains, avec un plus grand taux d’alcool dans son sang et une humeur, disons, plus festive, elle ne serait certainement pas atterrie à sa table. Mais la jugeait-il trop vite? Il lui tardait de le découvrir.

- Vraiment? Pas le genre de remarque à laquelle un type aux yeux rivés sur son ordinateur pourrait s’attendre dans un tel endroit et à une telle heure, affirma-t-il sur un ton mi-sérieux avant d’avaler une nouvelle gorgée.

Brièvement, Clarence jeta un coup d’œil à l’écran de son ordinateur, inscrivant mentalement dans sa mémoire la page de l’article où il devrait reprendre sa lecture plus tard. De toute façon, la luminosité bien qu’abaissée de son écran commençait à lui brûler les yeux; une pause était de mise.

- Je ne travaille pas, pas ce soir, fit-il tout en rabattant l’écran de son ordinateur sur son clavier. Son article qui n’était après tout que divertissement pouvait certainement attendre encore.

Il s’adossa contre le dossier de sa chaise, redressant dans un geste automatique ses lunettes sur son nez. Nonobstant qu’il n’aurait pas été contrarié de poursuivre sa lecture laborieuse, il devait avouer qu’il était content de trouver compagnie pour le restant de la soirée.

- Je peux vous demander dans quel domaine vous enseignez? Votre visage me semble familier à vrai dire, je me demande si nous ne nous serions pas déjà croisés à l’Université, or something.
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MessageSujet: Re: Évasion aux effluves alcoolisées [Rosado O. Zunilda]   Mar 18 Oct - 15:07


 
 


Elle faisait donc face à un neuropsychologue. A croire que quelque part dans son cerveau, une petite boussole la guidait toujours vers des médecins. Elle chassa rapidement cette pensée, et surtout elle chassa son ex-mari de celles ci. Elle pensa plutôt à ce que pouvait faire un médecin, d'une spécialité peu commune, dans cette petite ville. Elle ne le voyait travailler qu'à un seul endroit : la prison. Ils étaient donc collègue. Monsieur Vsevolod devait le connaître si c'était effectivement le cas. Elle devrait sortir plus souvent de son bureau. Elle n'allait jamais à la cantine de la prison et de fait, il devait s'agir d'un lieu de rencontre idéal pour les employés de Lurigancho.

Hum, était-elle bizarre de trouver naturellement la compagnie d'un homme aux yeux rivés sur un écran dans un bar plus agréable que celle des hommes faisant la fête ? Hum, disons plutôt, trop bourgeoise. Elles étaient bien loin, ses années estudiantines où elle même buvait plus que de raison en bar. Elle ne répondit que par un simple sourire. Que pouvait-elle lui répondre de toute façon ? Et puis, il semblait bien assez intelligent pour remarquer qu'elle dénoterait auprès du reste de la clientèle, plus encore qu'avec lui.

Elle sourit légèrement à sa remarque. Ainsi, elle lui disait quelque chose ? Mais il pensait plus l'avoir rencontré à l'université.

« Hum, je ne parierais pas sur l'université, bien que cela reste plausible. Mais cela me semble si lointain maintenant, l'Université de Lima, et toute cette vie d'étudiante. Je suis bien allée à quelques soirées de médecine avec mon ex-mari, mais c'était il y a.... une dizaine d'année. »

Elle s'était contentée de cinq ans pour sa part, et cette cinquième année fut en Espagne. Douze longue année. Quand à lui.... Et bien, ce Clarence Reed avait plus l'air d'être un étranger. Son espagnol était teinté d'un accent qui n'avait rien de péruvien.

« Pour répondre à votre question, à l'heure actuelle, je travaille à la prison. Je suis chargée d'inciter les détenus à s'éduquer, les guider dans cette voie, les aider. Certains sont analphabètes, la plupart n'ont aucune formation professionnelle. Dans ces cas là, leur réinsertion dans la société est mission impossible et ils finiront par retourner en prison. »

La cause lui tenait toujours autant à cœur. Même si elle n'avait pas tant de succès auprès des détenus.

« Mais autrement, j'étais professeur d'Espagnol. La langue est importante. Pour chacun, il y a quatre savoirs essentiels : compter, lire, écrire et réfléchir. Étudier sa langue, c'est en apprendre ces trois derniers savoirs. »

En effet, un homme, pour s'en sortir dans la vie, devait être capable de lire et écrire pour ne pas se faire arnaquer, de compter pour gérer son argent, mais aussi de réfléchir, de penser par lui même, pour faire les bons choix, pour être son propre maître et ne pas se laisser manipuler par des beaux parleurs, que ceux ci soient de la racaille de bas quartier, des petits caïds, ou de la racaille en col blanc, politiciens corrompus et hommes d'affaires sans scrupule.

Ses pensées, ses idées et ses convictions étaient bien moins bourgeoises que son apparence. Les joies de la vie mondaine qu'elle avait mené après son séjour en Afrique auprès de son ex-mari.

 

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