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 Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]

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Vsevolod Varlaam

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MessageSujet: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Lun 23 Mar - 6:38


UN MOUTON PARMI D'AUTRES

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Je n'ai jamais vue une grande différence entre l'armée et une prison : l'horaire y est tout autant chargée, il y a une routine à suivre et obligatoire de même que des règles strictes avec une hiérarchie à respecter - et la nourriture est souvent à vomir, on dirait qu'elle a été prémâchée et n'a aucun goût, elle est insipide. C'est un milieu si semblable et si différent à la fois, un milieu coupé du monde extérieur et replié sur lui-même. Les principes sont les mêmes, les bases de la structure de ce milieu sociale. Pourquoi? Simplement pour facilité la guidance des agneaux et leur bourrer le crâne. Corps et âme épuisé, rien de mieux pour diriger un humain et s'en servir comme pantin. Ça, c'était une chose que j'avais pu observer en Russie, dans mon escadron. C'est aussi une chose que j'observais à Luriguancho. L'adaptation des humains me surprendra toujours.

Je regardais les têtes défilées les unes à la suite des autres, faisant la file pour la cantine. Ils étaient sages, se pliaient à la règle ou il n'y aurait pas à manger dans leur estomac d'ici la fin de la journée. Je m'appuyais contre la rambarde, cherchant les nouvelles têtes. C'était une petite habitude que j'avais prise, de chercher les petits désobéissants et de les remettre à leur place. Pourquoi? Simplement pour passer le temps ou, plutôt, parce que je n'aimais pas qu'ils fassent leurs conneries à leur guise. On m'a souvent dit et répété que j'étais mieux qualifié en tant que garde qu'en tant qu'infirmier. Je le dénie pas : maîtriser ces petites mauviettes qui ne connaissent rien à l'enfer de la guerre est un jeu d'enfants. Seulement, recoudre leurs plaies dans le territoire qu'est mon infirmerie s'avère beaucoup plus distrayant.

C'était la pause dîner et, comme à mon habitude, je venais manger à la cantine. J'avais été absent depuis un moment, certes, mais je reprenais vite ma routine. Descendant les marches, je vis Fedo et Vick se décaler pour me laisser passer, baissant les yeux au sol, tandis que je les saluais d'un charmant "Bonjour" et qu'ils me rendaient mes salutations d'une petite voix. Depuis que je les avais replacés - rien de bien méchant, juste brisé un os ou deux en supplément lorsqu'ils sont venus faire un tour à l'infirmerie -, ils se calmaient en ma présence. Et ainsi de suite pour ceux que je croissais et qui avaient une fois oser défier mes ordres ou mes conseils d'infirmier ou encore m'insulter et essayer de me frapper. Ces gamins, j'vous jure. Un peu de menace et un peu de douleur suffisait alors qu'ils faisaient les braves, les fiers et les forts. Ils devraient prendre exemple sur les gardes, ils sont plus robustes et têtus qu'il n'y parait. Il faut croire qu'eux n'aiment pas recevoir des ordres, étant ceux qui, en temps ordinaire, les donnaient. Hm, pourtant, ils devraient s'y faire eux-aussi.

La dame de la cantine m'offrit un large sourire tout comme une assiette bien remplie. Elle m'avait déjà demandé si je ne voulais pas avoir des plats « spéciaux » et moi de répondre non. Le favoritisme, ce n'était pas dans mes valeurs. Tout le monde a le droit au même traitement. Homme, femme, enfant, vieillard, ils revenaient tous au même. Des humains. Ce qui différenciait, c'était la force de leur caractère. Elle me souffla, vraisemblablement amusée "Pendant votre absence, on a eu un peu plus de bagarres. Contente que vous soyez de retours." Je ne lui répondis que par un "Hm", signe que je réfléchissais quelque peu. Alors comme ça, il suffisait que le loup soit absent pour que les agneaux en fassent à leur tête, sortent les verres et commencent une fiesta? Les gardiens étaient trop doux. Un ou deux coups de matraque n'allait pas changer leur manière d'être et les faire obéir plus longtemps qu'une heure ou deux. Cela dépendait du nombre de coups. Par contre, la menace de les envoyer dans mon infirmerie lorsque j'étais présent était beaucoup plus efficace. Il paraitrait que l'idée de jouer avec leurs blessures déjà saignantes les faisaient blêmir.

Le coin d'une table était libre; ce n'était pas encore très achalandé en cette heure. Je m'y installa donc avec mon plateau, regrettant de ne pouvoir avoir un verre de vodka pour digérer le tout. Ma gorge devrait attendre que mon quart de travaille soit terminé, il semblerait. Évidemment, les places libres autour de moi le restèrent, même quand les détenus commencèrent à affluer en grand nombre. Ma réputation me précédait, j'imagine. Il n'y avait souvent que les nouveaux pour faire l'erreur de s'y asseoir et de commencer à me pomper avec leurs histoires ou de me chercher des noises. Plusieurs pensaient qu'ils avaient affaire à un détenu au vue de ma tête et, après tout, les membres du personnels qui faisaient la dînette avec les prisonniers se comptaient sur les doigts. C'est seulement plus tard qu'ils réalisaient leur erreur.


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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Lun 23 Mar - 23:04

L'heure du diner.. Qu'il détestait le moment des repas. C'était du bruit, de la bousculade et une bouffe un peu dégeulasse.. Mais en même temps quand on est habitué a bien manger, passer a la cantine d'une prison c'est un peu coton. Enfin, il préférait garder ses plaintes pour lui. Pour ce que ça servait de toute façon.. Appuyé contre un mur du couloir, il regardait les détenus passer. S'attrouper et se bousculer. Se chamailler un peu pour certains, juste devant les portes et dès que celles ci s'ouvraient, un grand brouahah lui parvenait. Il serra un peu les dents et fronça le nez. Puis il soupira et remonta son casque sur les oreilles, montant le son plus fort qu'a l'accoutumé pour ne plus les entendre tous autant qu'ils étaient. Et finalement, il entra.

Un instant d'arrêt a l'entrée et il se fit bousculer parce qu'il n'avançait pas. Il lança un regard noir au gars qui le calculait même pas et prit un plateau pour avancer dans la file, comme tous ces foutus moutons un peu fouteurs de merde pour la plupart. Il avait vaguement entendu quelque part que si l'homme devait être un grand carnivore, il ne suivrait pas la même direction que tout ses congénères mais prendrait ses propres décisions. C'est pourquoi l'espère humaine était bien plus apparentée à l'image du troupeau de moutons. Mais Evans n'aimait pas se sentir comparé a cette même bande un peu pathétique qui était pourtant de la même espèce que lui. Ouais, dur d'être un homme hein..

Il fit un signe de tête à la cuisinière pour la remercier de l'avoir servit et elle lui fit un petit sourire. Semblant presque compatissante, comprenant sûrement que le bruit le dérangeait si elle entendant sa musique sortir du casque. Ce qui était probable en fait vu la hauteur du son. Il balaya la salle d'un regard en marchant lentement pour prendre le temps de trouver une place. Une table presque vide se trouvait juste là. Tout les autres semblaient l'éviter, a part deux hommes tout a l'autre bout d'un gars tout seul. Bon, il semblait pas engageant, mais c'était pas comme si Evans allait lui faire la conversation non plus hein..

Il s'approcha pour s'installer. Posant son plateau d'abord juste en face de l'autre homme, avant de le décaler d'une place et demi au moins sur le côté. Ainsi, ils n'auraient pas a se supporter du regard. Il ne baissa cependant pas le volume de sa musique et fixa son plateau sans grande faim. Il laissa un soupir quitter ses lèvres qui restèrent entrouvertes, avant qu'il ne prenne une fourchette de son assiette. Et finalement la reposa. Le goût ne l'engageait pas a continuer, déjà qu'il avait pas spécialement faim alors là.. Il prit plutôt la pomme prise en dessert et croqua dedans a pleine dent. La prochaine fois, il demandera a en prendre deux ou trois et sortira aussitôt. Ca au moins, c'est mangeable et il peut les emmener ailleurs pour ne pas avoir a supporter cet endroit..

Il ne lançait pas un seul regard aux autres détenus et encore moins a celui juste en diagonal, installé tout près de lui. Il ne le connaissait pas et n'était pas tellement tenté de le connaître non plus. Associal ? Non, pas vraiment. Juste pas là pour copiner au final.
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Vsevolod Varlaam

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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Mar 24 Mar - 7:53


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Aujourd'hui, la nourriture semblait tout aussi infecte qu'à l'accoutumé. Mon plat me faisait vaguement penser à un marécage vaseux ou bien à une sorte de tourbière bien visqueuse. L'un ou l'autre n'était pas très ragoutant à l'idée d'être ingéré et mon estomac ne semblait pas non plus ravi de ce... ragoût, potage, soupe? Enfin, il avait digéré bien pire, mais, au moins, je savais que les sauterelles ou les vers de terre étaient emplis de protéine, un peu comme la viande. Ça, ces trucs étranges et inconnus qui flottaient sur une base semi-liquide et brunâtre, avaient-ils ne serait-ce qu'un apport nutritif un tant soit peu convenable? Ce n'était pas pour rien que les détenus tombaient sous le manque d'énergie et remplissaient les lits de l'infirmerie. Dans le pire des cas, je n'aurais qu'à manger un bon steak ce soir, saignant et tendre à souhait. Je piquai la première bouchée de ma fourchette, faisant abstraction du goût et mâchouilla la dite nourriture. Oh, c'était salé comme l'eau de mer au final, pas nauséabonde comme le goût de ces marécages - j'ai déjà ramassé un de nos soldats, dans le temps, là-dedans et j'avais trébuché sur une racine enfouie sous l'eau, avalant la tasse sous les rires de Valentin, que j'avais par la suite forcé à boire à son tour le liquide si visqueux à la cruche sous le rire des autres ; le respect pour ses supérieurs et ses aînés, il avait le don de l'oublier!

En définitive, ce n'était pas plus délicieux. L'eau de mer était dégoûtante pour les papilles gustatives. Cependant, j'avalai sans me plaindre, mon expression faciale restant inchangée. Peut importe son goût, c'était de la nourriture et, la nourriture, ça ne se gaspillait pas. Lorsqu'on l'avait sous le nez, il valait mieux en profiter, car sait-on jamais quand on y aura plus accès, quand on ne pourra plus manger quoi que ce soit et que nos boyaux se tordront sous la douleur, que notre estomac commencera à se digérer lui même à la recherche d'un petit quelque chose pour se sustenter, quitte à se dévorer. Alors, une bouchée, puis une deuxième, puis une troisième. J'étais presqu'à la moitié de mon plat lorsqu'une ombre se présenta devant moi, assombrissant mon plateau. Je levai les yeux vers celle-ci, déposant un instant ma fourchette sur la table.

Oh, un détenu - je me souviendrais si je l'avais en collègue. Il se plaça tout d'abord devant moi, sous mon regard froid avant de se décaler légèrement. J'haussai un sourcil, pas très sûr de comprendre son manège. Si tu choisis une place, autant y rester. Il ne m'avait pas accorder un seul regard, ni un seul bonjour. Hé bien, il n'était pas des mieux élevés à ce que je pouvais constater. Je l'observai un instant, le détaillant. Non, je ne l'avais jamais vue auparavant, ni dans l'infirmerie, ni dans les couloirs. Il devait être un nouveau à Luriguancho, arrivé pendant mon mois d'absence. Je commença par un "Hum, hum", puis le refit un peu plus fort pour attirer son attention. Seulement, il semblerait que la musique tapant à fond dans ses oreilles le coupait du reste du monde et encore plus de ma voix. Je veux dire, je l'attendais jusqu'ici, décelant chacun des mots, des phrases, des coups de batterie, de guitare, de basse de la chanson. Soupirant, je me levai, me penchai par-dessus la table, la surplombant de ma large stature et attrapai vivement ses écouteurs que je lui retirai sans douceur. "Ignorer les gens quand il te parle est très mal poli, gamin. Si tu t'assois à côté d'une personne, tu la salues. C'est la moindre des politesses."

Je baissai les yeux sur sa pitance, il l'avait à peine touchée et s'était rabattu sur sa pomme. Une large marque blanche contrastait avec le pelure verdâtre d'ailleurs, là où il l'avait mordue. "Est-ce que tu as aussi l'intention de jeter ton plat au vidange sans le manger?" J'avais demandé d'un ton sec, cassant alors que les murmures derrières moi se faisaient entendre, un certain silence s'étant emparé des tables voisines. J'attendais des « Oh le nouveau va passer un mauvais quart d'heure » ou des « hé hé, l'idiot, il aurait pas du s’asseoir là, bien fait pour lui ». J'avais envie de me retourner pour leur demander qui était l'idiot exactement et, qu'eux, avaient tout autant fait l'erreur. Seulement, ils avaient été encore plus désagréables que ce petit bonhomme, en essayant de me provoquer de par leur langage salace et inapproprié. Allez, je n'aurais qu'à m'occuper d'eux plus tard, ayant reconnu certains de par leur voix. Pour le moment, je me contentais de plonger mes yeux bleus, aussi glacials que le fond des abysses des océans, dans les siens dorés et brillants sous la lumière. Pourtant, malgré l'éclat des néons dans ses iris, ils me semblaient éteints, complètement absents.



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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Mar 24 Mar - 15:34

Il passait de Aerosmith a Skillet. Quel bonheur, il aimait aussi tellement ce groupe. En fait, il en aimait beaucoup et ne pouvait pas choisir une réelle préférence. Sa tête bougeait légèrement au rythme de la musique bourdonnant sourdement dans son casque. Il partageait ses goûts musicaux avec l'autre homme a sa table, ne lui adressant pas même un regard. Et peut être que ce fut une erreur au final..

Son casque s'échappa de ses oreilles alors qu'on entendait le chanteur ''..feel like a monster..''. Mais les paroles ne furent bientôt plus la priorité d'Evans qui avait relevé les yeux vers la main inquisitrice. Il lui voulait quoi celui là.. ? Il récupéra son casque sans douceur et lança un regard un peu froid et vide à l'homme. Plus vieux, plus baraqué et plus grand que lui semblait il. C'était bien sa veine tiens.. Lui qui voulait juste qu'on lui foute la paix.

Il pencha un peu la tête en entendant les autres détenus derrière qui semblaient se payer sa tête. Ils avaient un problème aussi ceux là ? Décidément, ça devait pas être sa journée pour se faire autant remarquer. Puis il regarda a nouveau celui presque en face de lui, devant un peu tourner la tête sur le côté. Le saluer ? Ah ouais, il avait oublié que les détenus étaient des modèles de sympatie tiens.. Il soupira et ouvrit la bouche pour parler. Mais déjà il avait enchainé avec son repas. Donc le blond baissa les yeux vers son plateau. Ca lui posait soucis qu'il ne mange pas.. ? Il plissa un peu les yeux. C'était vraiment un détenu pour s'intéresser a ce genre de choses.. ? Soudainement, des dizaines de pensées envahirent l'esprit du jeune homme. Relevant ses yeux dorés dans les yeux bleus. Ne quittant pas ce regard un seul instant. Il finit par lâcher, d'une voix assez basse en replaçant son casque autour de sa nuque. La musique montant à ses oreilles sans couvrir le bruit.

-Bonjour et au revoir. J'vais pas rester vous déranger plus longtemps avec mon impolitesse.

Il se levait déjà de table, reposant la pomme sur le plateau qu'il prenait a deux mains. Il la récupèrerait avant de vider tout le reste. Puis il s'écarta de la table pour pouvoir prendre la direction des poubelles. Avant de se tourner un instant vers l'autre homme, il avait un peu comme un mauvais présentiment venant de celui là. Mais son côté ''je m'en branle, j'me casse'' avait prit le dessus et il repartit.
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Vsevolod Varlaam

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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Mer 25 Mar - 6:41


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Des yeux dorés vides, certes, mais pas un corps sans vie à ce que je pu constater. Mes doigts avaient à peine eu le temps de se refermer autour de ses écouteurs qu'il les reprenait, les arrachant sèchement de ma prise. Sentant le métal, le plastic froid frôler ma peau pour venir se réinstaller dans son cou, je haussai un sourcil. La musique se faisait un peu plus forte, criant sa chanson à tue-tête maintenant qu'elle n'était plus étouffée par ses oreilles. Vraisemblablement, nous n'avions pas les mêmes goûts musicaux. Je me contentais d'opéra, leur voix me rappelant les cris. J'aimais les lamentations, les détonations, ce genre de chose. Pas ce type de grabuge qui martelait les tympans. Il ne valait en rien la mélodie des gémissements humiliés et des geignements affligés. Oh, la prochaine fois, je devrais peut-être enregistrer. Ça me ferait quelque chose à écouter dans mes heures perdues ou pour camoufler la joie d'Adrea.

Ce gamin... soit il était suicidaire, soit un je-m'en-foutisme, soit un inconscient. Il supportait mon regard sans plisser une seule fois les paupières. Pourtant, à chaque seconde qui passait, il se faisait un peu plus dur, un peu plus sévère, un peu plus noir. Il lui intimait de se faire petit et oublié. Toutefois, non, il resta de lui-même. Il osa même me le rendre, au tout début. De façon naturel je dirais. Ha, ces détenus, j'vous jure! Il fallait toujours, mais toujours tout leur expliquer de A à Z. Ça devenait une routine, une répétition. J'avais déjà la rédaction de mes prochains gestes en tête, comme s'ils étaient écrit dans un manuel. Il suffisait de suivre leur étape une par une. Il me fit finalement l'honneur d'ouvrir sa trappe après un moment de silence, laissant passer les mots entre ses lèvres. Seulement pour me faire tiquer. Allez savoir pourquoi, mais je ressentais une pointe de sarcasme dans ses paroles. Ce n'était peut-être pas son intention, cependant, cela sonna tout comme à mes oreilles. C'était une forme de moquerie et, sans plus de façon, il tournait les talons et se préparait à me faire faux bond. Je clignai des yeux, abasourdi par tant de stupidité. Le respect manquait royalement à chacun d'entre eux. Était-ce un préalable pour terminer ses jours en prison?

À peine avait-il fait un pas dans la direction opposée que je le rattrapai par le collet, mes larges doigts s'enroulant autour de son haut, se jouant du tissus. Je le tirai vers l'arrière, vers la table par-dessus laquelle je m'étais étiré. Je le ramenais vers moi de force. Rien qu'à voir sa taille frêle, ses bras et ses jambes maigrichons, je me doutais qu'il ne devait pas passer ses journées et ses heures dans la salle de musculation. Et, par le fait même, avoir des muscles en conséquence : faibles et certainement pas enclin à me résister. Du moins, à montrer une opposition digne de ce nom pour ma carrure imposante. Ma main se glissa dans son cou avant de choper son menton et de renvoyer sa tête vers l'arrière. Je m'arrêtai en sentant une résistance. Je ne voulais pas non plus lui broyer les vertèbres et lui caser la nuque. Tuer un détenu devant tous ces pairs de yeux qui nous fixaient, très peu pour moi. Je ne désirais pas les rejoindre derrière les barreaux. Mon visage était tout près du sien alors que je lui souffla d'un ton tranchant et sans équivoque "Je vais te dire deux trois trucs. Premièrement, on ne regarde pas de cette façon ses aînés. Deuxièmement, tu n'as pas répondu à ma question. Troisièmement, je ne t'ai pas autorisé à partir."

«... The nightmare's just begun...», c'est la phrase que j'entendis, clairement et nettement, ce qui m'arracha un fin sourire froid. En effet, on pouvait dire ça comme ça, un cauchemar commençait tout juste. Il avait réveillé mon côté ugly, monstrueux, comme le disait si bien la chanson. Seulement, moi, je ne voyais pas l'intérêt de l'enfermer dans une cage et de le laisser pourrir là. Il valait cent fois mieux le laisser libre avant qu'il ne me détruise. J'en ai vue, de ces soldats faire des breakdown parce qu'ils avaient tant bien que mal tenter de repousser cet aspect de leur personnalité, et c'était pas jolie à voir. Enfin, tout dépendait du point de vue et de quel côté on se situait. À petite dose, c'est beaucoup moins dangereux que lorsque tout explose en seul boom et pour la première fois. Il n'y a personne pour se sauver de soi-même et cela faisait bien longtemps que je l'avais accepté, bon gré, mal gré. Tant pis pour ce jeune.



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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Mer 25 Mar - 11:25

Il eut a peine le temps de faire quoi.. Un pas ? Peut être deux ? Son regard tout juste détourné de l'homme que déjà il sentait la main sur le tissu de ses vêtements pour le tirer en arrière. Il pouvait presque voir la scène au ralentit. Son plateau vibrant un peu dans ses mains et le contenu de son assiette se répandre en partie sur celui ci. Et puis la brusquerie du choc contre la table. Il plissa le nez, son dos lui faisait mal. Avant que cette main ne vienne attraper son menton après être passé dans son cou. Malgré un léger frisson, son corps tout entier se tendit. Sa tête menée vers l'arrière, il croisa de nouveau ces yeux froids et qui se voulaient sévères. Si cet homme pouvait savoir combien il se moquait de ce genre de regard.. Il resta silencieux, l'écoutant ou en tout cas lui faisant paraître que c'était le cas. Ca faisait a peine un bourdonnement dans ses oreilles alors que leur visages étaient si près, mais il écoutait plutôt le solo de guitare qui démarrait dans ses écouteurs. Il avait envie de chanter et se retenait pour ne pas lui montrer qu'il ne l'écoutait absolument pas.

Pourtant, après quelques instants, il lâcha un soupir et ferma a peine une seconde les yeux avant de soulever à nouveau ses paupières pour le fixer. Il posa le plateau un peu a l'aveugle a côté de lui et vint glisser une main sur la sienne, élevant un peu plus son visage pour se rapprocher au maximum de celui de l'homme. Il étira le coin de ses lèvres en un sourire a demi moqueur malgré son regard toujours un peu vide.

-Il fallait le dire tout de suite si vous vouliez un contact rapprocher. Mais navré, je me laisse pas toucher par n'importe quoi.

C'était de la pure provocation, mais il en avait tellement rien a faire. Il y avait toujours cet affreux silence dans le réfectoire et étrangement, il aurait presque préféré que ce soit bruyant pour une fois. Allez savoir pourquoi. Il n'était certe pas bien musclé et pouvait paraître assez frêle, mais il savait tout de même se défendre. Pas le choix lorsque l'on est dealer. Et puis, les coups, il en avait prit pas mal lorsque Owen faisait des crises de manque. Alors c'était pas juste les quelques gestes de l'autre homme qui allait vraiment le blesser en fait..

Il attrapa un des doigts tenant son menton pour le tordre autant qu'il le pouvait afin de le faire lâcher. Une fois fait, il s'écarta pour se redresser. Etirant un peu son dos douloureux et se massant la nuque avant de se tourner face à l'homme. Se passant une main dans les cheveux, il gardait son sourire au coin des lèvres et désigna d'autres détenus d'un geste de la main.

-Faites un scandale ici si vous le voulez, mais je suis sur que si tous ceux qui semblent vous détester se mettent ensemble contre vous. Vous ne ferez pas le poids.

Il se passe une main dans les cheveux, et ses doigts glissèrent un instant sur son casque pour bien être sur qu'il était encore là. Comment dire.. Il était inconscient ? Oui, très certainement pour ce qui allait advenir de lui. Mais dans le fond, peu importe, non ? Ici, c'était un peu chacun pour sa pomme, comme dans toutes les prisons. Ou même comme dans les rues. Il avait bien du se démerder seul jusqu'ici. Seulement cette fois, il avait plus vraiment de raisons de faire gaffe a sa vie ou sa santé. La prudence avait totalement disparu. Il ne quittait plus l'homme des yeux, mais se tenait a une distance suffisante de la table pour ne plus être rattrapé par son bras.
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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Mar 31 Mar - 6:28


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Oh? Soit il était audacieux, soit complètement inconscient. L'un comme l'autre, ce n'était pas des qualités, c'était des défauts dans cet endroit. Il ne flanchait pas, reprenait même un peu de vie par ce sourire factice qui se dessinait sur ses fines lèvres. Même d'aussi près, son visage restait charmant, agréable à regarder. Il n'était pas de ces baraqués laids comme un pruneau ou un épouvantail. L'idée de devoir le soigner après un viol dans les douches me passa par la tête. C'était des choses si fréquentes et il avait le look pour être pris en chasse par ces pervers. Seulement, il semblerait que ces pervers risquaient d'être mal barrés s'ils s'attaquaient à cette jolie bouille en la considérant telle une fillette inoffensive. En effet, ce môme ne semblait pas totalement dépourvu de ressources. Ses doigts longs et fins, parfait pour joueur du piano j'aurais dit et valser sur les touches blanches, remontaient jusqu'aux miens. Ce n'étaient pas des phalanges féminines, mais bien masculines. Il tenta de tourner mon index dans un sens tout sauf naturel. Malheureusement, ce type d'offensive n'avait aucune emprise sur ma personne. Mon doigt resta immobile, bien ferme autour de son menton - ma prise se resserra d'ailleurs un instant, cherchant à lui écraser la mâchoire, alors qu'il insinuait que j'étais n'importe quoi, un banal objet et non même une personne. Enfin, il devait d'abord le retirer pour le malmener et ce n'était pas chose aisée.

Toutefois, je décidai de le laisser aller. Simplement pour mieux le rattraper par la suite. Pour mieux lui infliger une petite leçon. Je délaissai ma prise pour en acquérir une meilleure. Dès qu'il fut libre, il se remit à parler. J'écoutai froidement son discours, tandis qu'il gesticulait pour désigner ces dits ennemis. S'ils le pouvaient, ils l'auraient déjà fait. Cependant, les conséquences étaient bien trop élevées et ce n'était pas comme si leur nombre allait changer grand chose en réalité. Ils me donneraient simplement une raison de me « défendre », de ne plus retenir mes coups et ma nature violente, de ne plus me soucier s'ils vivaient ou s'ils mouraient. Ceux qui savaient se battre l'ont appris dans la rue, alors que moi je l'ai appris à l'armée. Les secrets du corps humains ne me font pas défauts, je les connais de fond en comble. Du moins, de ce qu'on en sait à  cette époque-ci. Tuer quelqu'un d'une simple pression ou démolir un membre d'un simple coup bien placée, rien de plus facile. Les nerfs, les os, les muscles, les organes, tout peut être brisé si facilement. Oui, si facilement.

Sa main repassa devant mes yeux et c'est à ce moment là que je choisis de la choper, lorsqu'enfin sa phrase prenait fin tout comme son geste. Me penchant un peu plus, mes doigts enlacèrent son poignet, le serrant sans la moindre douceur et tant pis si un hématome se formait. Je le tirai vers moi rudement avant que mon autre main n'attrape sa tête et ne vienne la fracasser contre la table. Son front tout comme son arrête nasale rencontrèrent dans un bruit sonore et violent la surface froide du meuble. Je ne me gênai pas pour mettre la pression, écraser sa boîte crânienne. Certes, je n'avais pas été assez brutal pour lui défoncer le crâne, bien que l'envie me tenaillait. Ses paroles ne m'avaient en rien apaisé, bien que mon visage se faisait toujours aussi calme. À quoi voulait-il jouer, à me provoquer ainsi? Mon regard ne semblait pas être un avertissement assez concret pour messire. Souhaitait-il mourir, désirait-il rejoindre cet au-delà inexistant? Enfin, j'ignorai chacune de ses paroles - plus ou moins -, fis comme s'il n'avait jamais ouvert la bouche et comme s'il ne les avait jamais prononcées.

Je pris aussitôt la parole d'une voix sévère, à briser le verre. Sèche et dure, aussi autoritaire que si je donnais un ordre à un soldat durant la guerre. Les lois étaient les mêmes qu'à l'armée et il fallait bien lui inculquer ce fait, à ce gamin. "Je réitère. Premièrement, on ne regarde pas de cette façon ses aînés. Deuxièmement, tu n'as pas répondu à ma question. Troisièmement, je ne t'ai pas autorisé à partir. Je rajouterai : quatrièmement, personne n'a envie de défier celui qui l'est remet en place une fois à l'infirmerie. Cinquièmement, change moi ce ton et cette expression. Et ne m'oblige pas à me répéter une troisième fois." À mesure que mes paroles avaient quitté mes lèvres pour se glisser dans les oreilles de ce petit bouché, ma main avait relâché son poignet, se faufilant jusqu'à mon couteau. C'était un couteau à beurre, pas très aiguisé, certes, mais il était parfait pour mes intensions. J'écrasai un peu plus sa tête contre le bois, me servant en partie de mon poids."Compris?" Sur ces mots, le couteau se planta devant ses yeux au travers de quelques unes de ses mèches blondinettes, à quelques centimètres à peine de son nez. Le métal fendit la planche, se creusant une place et je laissais bien entendre que s'il continuait, c'était dans son corps que l'ustensile allait se loger très prochainement.


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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Mar 31 Mar - 19:49

A peine écarter de lui qu'il était de nouveau attrapé. Les autres détenus commençaient a quitter le réfectoire dans le plus grand silence pour ne pas se faire remarquer. Mais d'autres curieux observaient le spectacle en riant tout bas, se moquant d'Evans. Le blond continuait de regarder l'autre homme. Essayant de tirer sur sa main, mais il se fit attraper le poignet avant qu'il ne puisse amorcer un mouvement. Il se fit brusquement tirer vers la table une nouvelle fois. La percutant et son souffle se coupant un instant. Avant que son visage ne rencontre le bois dur. Il étouffa un grognement de douleur et sentit un peu de sang s'échapper de son nez. Le coup résonnait dans sa tête et il se sentait un peu sonné. Mais il ne fit aucunes remarques. Evans n'allait certainement pas lui faire le plaisir de lui montrer qu'il pouvait avoir mal.

La musique sortait toujours du casque autour de son cou, mais il entendait parfaitement ce que lui disait l'autre blond qui parlait tout près de son oreille. Il se tendit un peu en entendant le quatrièmement. C'était l'infirmier de la prison ? Alors qu'est ce qu'il foutait dans le réfectoire avec les autres détenus.. Merde, s'il avait su il se serait pas installé ici. Pas qu'il s'inquiétait de se faire casser la gueule, mais il aimait encore moins côtoyer les personnes du personnel que les autres prisonniers. Il serra les dents et haussa un sourcil en voyant le couteau se planter si près de son visage. Il avait même du y laisser quelques mèches blondes, il en était sur.

-Ouais, compris. Lâchez moi.

Il essaya de bouger un peu, au moins pour l'apercevoir. Ses yeux dorés toujours avec ce même vide. Il porta une main a son visage, touchant son nez. Pas trop de douleur donc il ne devait pas être cassé. Mais un coup de plus et il ne tiendrait sûrement pas. Il regarda ses doigts, un peu de sang, il l'avait bien sentit ça. Un soupir lui échappa. Il reposa sa main sur la table et ferma les yeux. Autant attendre que l'autre brute daigne se calmer et le lâcher. Il n'avait certainement que ça a faire..
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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Jeu 2 Avr - 6:58


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Ce petit avertissement semblait avoir calmé un tant soit peu ses ardeurs, à ce gamin insolent. En réalité, c'est ce que je cru pour un court instant, jusqu'à ce qu'il reprenne la parole et m'arrache un léger tique au niveau de ma tempe. Je sentis même le pouls qui y battait, tapant à la fois d'énervement et d'impatience. Encore cette erreur. Toujours cette erreur. J'aurais du m'y attendre et prévoir le coup à l'avance. Un soupir discret m'échappa, s'enfuit de mes lèvres sans mon accord alors que je relevais sa tête, tirant ses mèches blondes vers l'arrière sans la moindre once de douceur. Sèchement, durement et d'une poigne de fer. S'il voulait se défaire de ma prise, s'il voulait s'évader et me fausser compagnie, il devrait sacrifier sa chevelure de blé. Enfin, quand bien même il essaierait, s'arracher tant de cheveux en un seul coup n'était pas non plus une chose que l'on faisait en claquant de doigt ou simplement en y pensant.

J'approchai mon visage du sien, plantant mes prunelles glaciales dans les siennes vides. C'était assez dommage que ses iris soient marqués par un flagrant manque de vitalité et un « je-m'en-foutisme » prononcé. Ses paillettes de différentes teintes dorées dansaient sous la lumière, créant une valse enivrante. Il avait de magnifiques yeux et j'étais à peu près certain qu'un peu de joie de vivre dedans les rendaient encore plus attrayants. Quoi que ce n'était certainement pas moi qui allait leur rendre cet éclat. Le seul qui pouvait se présenter à leur porte était celui de la peur, de l'effroi, de la crainte ou de la douleur. Les yeux sont le reflet de l'âme après tout, de ce qu'on le ressent en l'instant présent. Ils sont un véritable portail jusqu'aux pensées d'un être humain, jusqu'au tréfonds de ses secrets intimes.

Reprenant la parole, d'un ton toujours plus cassant, toujours plus froid, j'ajoutai à mon énumération énoncée à peine quelques instants plus tôt " Sixièmement, pas d'impératif."  Et je pris la peine d'expliquer la chose, comme à chaque fois. "Quand l'on demande quelque chose, on le formule poliment. Ce n'est pas « lâchez-moi», c'est « pouvez-vous me lâcher s'il-vous-plaît »." J'observai un instant le sang couler de son nez, tombant goutte par goutte sur le bois, suivant le rythme de sa musique et éclaboussant au passage mon plateau ainsi que ma main enlaçant toujours le couteau à beurre, de même que ses quelques mèches laissées à l'abandon. Le liquide vermeil ruisselait sur ses fines lèvres et son menton tout aussi fin, contrastant avec sa peau blanchâtre. Par habitude, mon regard détailla sa blessure furtivement. L'arrête nasale était encore dans sa position naturelle et première, elle n'avait pas dévié à gauche, ni à droite. Il n'y avait pas non plus de vilaine bosse bleutée ou violacée. Ça pouvait toujours se remédier. Je n'attendis pas sa réponse que je fracassais à nouveau sa tête contre le bois. Certes, toujours pas assez pour l'assommer, ni pour lui défoncer le crâne, mais bien assez pour l'étourdir, lui donner une affreuse migraine et le faire réfléchir.

Encore, ma bouche se fit aller, laissant les mots se faufiler jusqu'à ses oreilles, espérant vaguement qu'elles ne bourdonnaient pas trop et qu'elles ne couvraient pas ma voix. "Si tu as compris, change ta façon de parler et demande gentiment, M. Le Détenu." J'ignorai son nom, alors je l'appelais par son statut social. Ma main délaissa l'ustensile inutile pour se porter sur l'ustensile utile, c'est-à-dire la fourchette. Je l'apportai délicatement jusque sous son menton, relevant son visage des pointes, de ces petites dents presque pointues. Je pesai doucement sur sa peau pour qu'il obéisse et relève sa tête de lui-même. Je ne tirai pas assez ses cheveux pour l'envoyer complètement vers l'arrière. Je voulais que l'on soit face à face, yeux dans les yeux. Ce n'était peut-être pas l'arme la plus menaçante, toutefois, avec assez de pression, elle était bien suffisante pour marquer et entailler la chair d'une personne. Elle pouvait facilement devenir un instrument de torture plus que convenant. Pas le meilleur, pour sûr, mais pas inexploitable. Ses avantages pour ce domaine, je pouvais en faire une longue liste. Pour ne citer que quelques exemples, on pouvait frayer un chemin d'une dent entre l'ongle et la peau - si tendre et sensible à cet endroit - d'une personne, extirper un œil ou simplement le cristallin, enfoncer une partie dans l'urètre, et ainsi de suite. Il suffisait d'être un peu inventif et imaginatif.

Tout au long de ce petit manège, de ces quelques minutes, mon visage n'avait pas changé, il abordait toujours cette expression calme et stricte. Je donnais simplement une leçon à ce môme. Rien d'autre.  


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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Ven 10 Avr - 1:05

Le soupir qu'il entendit s'échapper des lèvres de l'autre homme ne lui indiqua rien de bon et ça se confirma lorsqu'il sentit sa tête être relevée. Ses cheveux maintenu entre les doigts de l'infirmier sans douceur et qui manqua de lui arracher une grimace. Mais il se retint et continua de le regarder avec le même air vide qu'il arborait en toutes circonstances. Leur regards restèrent accrochés un moment avant que le blond ne reprenne la parole, pour énoncer un sixième ordre ou conseil. Il en savait rien et s'en moquait éperdument. Puis c'était quoi cette lubie d'interdire l'utilisation de l'impératif..? Ils étaient pas a l'école et Evans faisait encore ce qu'il voulait et choisissait sa façon de parler comme un grand. Pas besoin d'un mec pour le rappeler a l'ordre parce que ça lui plaisait pas qu'on fasse une phrase comme ça et pas comme ci. Il avait presque envie de lui envoyer un coup, mais savait aussi qu'il risquait d'amèrement le payer. Et comme il ne tenait pas a ce que son nez soit finalement cassé sous les coups prit par la table, bah il préféra ne rien faire. Avec un peu de chance, il le lâcherait et lui foutrait la paix pour le reste de la journée. Après, ça serait a Evans de faire en sorte de ne plus le recroiser de si tôt.

Ah mais finalement, sa tête rencontra de nouveau le bois de la table. Putain, elle était dure celle là.. Et il le ressentit bien plus clairement que la première fois. Ca résonnait dans sa boite crânienne et il ferma les yeux, son souffle coupé pour quelques secondes. Il émit un léger grognement pour faire savoir qu'il avait bien entendu l'autre homme, se sentant pas encore tout a fait capable de parler en cet instant. Mais il marmonna tout de même.

-...'vans.. Evans.. mon nom..

Ouais, Monsieur le Détenu, ça faisait un peu pompeux pour lui. Et même sonné, il préférait qu'on l'appelle par son prénom que par un surnom a la con trouvé au hasard pour pas lui demander de se présenter.

Il rouvrit les yeux en sentant les pointes d'une fourchette sur son menton, sa tête étant un peu relevée. Un peu plus de sang coulait de son nez et la douleur avait envahit tellement son visage que cette fois il se demandait vraiment s'il avait pas le nez de péter avec les conneries de cet infirmier fou.. Sa tête fut relevée par la fourchette et maintenue par les cheveux, quelle position bien inconfortable. Il reposait ses mains a plat sur la table pour essayer de se tenir un minimum. Ses yeux dorés étaient un peu trouble a cause de la douleur diffuse, mais ne laissaient toujours pas passer de sentiments. Peu importe lequel. Il entrouvrit les lèvres. Laissant un soupir lui échapper avant de les refermer. Puis de les rouvrir. Il se les lécha quelques instants, essuyant le sang qui s'y trouvait et murmura.

-..'pouvez me lâcher.. s'il vous plait..

Il préférait parler bas, articulant comme il pouvait. Et même ces simples mots, il avait l'impression qu'ils résonnaient dans sa tête. Il n'entendait même plus vraiment sa musique d'ailleurs. Elle se serait éteinte..?
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Vsevolod Varlaam

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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Jeu 14 Mai - 20:26


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Je haussai les sourcils alors qu'il se présentait, devant répéter à deux fois son prénom avant de réussir à bien le prononcer ; le premier essai n'était pas assez fort ni assez bien articulé pour être un tant soit peu compréhensible. Il manquait d'ailleurs une lettre qu'il ajouta au passage de sa deuxième et dernière tentative. Evans, soit. N'aurait-il pas aimé, par hasard, être appelé par son statut social que la société lui avait désormais mis sur le dos, l'étiquetant comme un « déchet humain » ? Même lorsqu'il sortirait d'ici - si ça peine n'était pas à vie bien entendu -, le fait qu'il ait passé un long et charmant séjour en taule resterait à jamais gravé, surtout en se cherchant un boulot. Les employeurs n'aimaient pas trop engager d'anciens prisonniers, étrangement. Pas qu'ils étaient tous de mauvais travailleurs ou de mauvais bougres, mais l'image publique prévalait devant tout le reste. Les clients, les partenaires, il fallait penser à eux et à leurs opinions, comment ils percevraient les employés avant ceux-ci. Enfin bref, le coup semblait bien l'avoir sonné cette fois, un peu plus que le précédent. Hm, j'imagine qu'un troisième serait peut-être un peu de trop pour lui, ce n'était pas une armoire à glace après tout, mais un gamin auquel je ne donnais pas plus de 25 ans, près de la moitié de mon âge. Je n'y étais pas allé franchement, certes, mais je n'y étais pas non plus allé avec délicatesse.  

"Et bien, enchanter Evans. Est-ce que tu aurais un nom de famille en prime?" Je m'informais par pure formalité, cherchant entre autres à deviner de quel pays il venait. Par son teint, je me doutais qu'il était fort peu probable qu'il soit né au Pérou ou dans tout autre pays de l'Amérique latine. De même, son prénom n'avait pas une consonance très espagnole ou autochtone, mais plutôt anglaise. Hm, cette prison était un vrai aimant à étrangers. Russe, Allemand, Anglais, Américain, Suédois, il y avait un amalgame de nationalité et de langue qui se mélangeait au castillan. L'anglais aussi était bien présent. Puisqu'il s'était présenté, me donnant au moins son prénom, je l'informai à mon tour du mien, détachant les lettres et les syllabes en sachant bien que les gens n'étant pas Russes avaient normalement assez de difficulté à le prononcer :" Quant à moi, je me nomme Varlaam Vsevolod."

Puis, plus il prenait son temps pour me répondre, plus les dents de la fourchette s'enfonçaient lentement sous son menton, tailladant doucement sa peau que je devinais certainement douce. Du coin de l'œil, j'aperçus un garde croisant les bras et observant la scène du haut d'une passerelle, deux autres discutant à sa droite et portant à peine attention à ce qui se déroulait sous eux. Hm, comme toujours en somme. Ils ne disaient mot et se contentaient de patienter et de me laisser « remettre à sa place » le détenu - bien que je ne considérais pas ce que j'étais en train de faire comme le « remettre à sa place», du moins, pas de la façon dont eux l'entendaient. Nous n'avions pas la même conception des choses. Je fus tiré de mes pensées qui avaient légèrement dérivé au son de sa voix un peu enrouée par l'étourdissement. Je fronçai les sourcils. Ce n'était pas tout à fait ça, il manquait le « vous ». Enfin, j'allais passer par dessus ce petit défaut, il n'avait, après tout, plus les pensées très claires ou lucides. "Bien. Avec joie." J'observai un instant ses yeux qui venaient à peine de se rouvrir. Ils étaient toujours aussi vides, aussi ternes, ne laissant paraître aucune émotion. Ha. Je sais à quoi il me faisait penser, à ces yeux de poupée de porcelaine. C'était une comparaison assez proche du sentiment qu'ils m'inspiraient.

Lentement, mes doigts délaissèrent leur poigne, ses mèches de cheveux soyeux glissant entre mes doigts. Je jetai un regard à son plat dont une partie de la nourriture s'était étalée sur le plateau à la suite des mouvements plutôt brusques quelques instants auparavant. Au moins avait-il eu le bon réflexe de le déposer sur la table au lieu de le laisser tomber au sol - ça n'aurait certes pas fait la joie du concierge, ni même la mienne. Ses ustensiles n'avaient pas été épargnés, étant désormais aussi gluants que la substance inconnue qui servait de repas aujourd'hui. Sans mentionner la serviette de table qui avait, quant à elle, eu la vie tout aussi dure, étant désormais imbibée de part et d'autre. Elle était devenue complètement inutile. Retournant la fourchette dans ma main, la tenant dès lors par la tête, je lui présentai le manche alors que je lui disais plus en ordre qu'en conseil : "Tu devrais terminer ton repas. Je ne crois pas que tu aies envie de faire un tour à l'infirmerie suite à de l'anémie?" Je haussai les sourcils pour accompagner mes dires, signifiant par là que le contraire m'aurait grandement étonné. "Et ne pense même pas à tenter de m'attaquer, sinon tu vas faire un tour à l'infirmerie, et ce pour un long moment." Qu'il soit en mesure de manger ou non, que ça tête bourdonne ou non, qu'il saigne ou non, j'en avais cure. Oui, j'avais un peu de difficulté avec les personnes qui gaspillaient leur nourriture sans y penser une seule seconde, sans y réfléchir à deux fois, sans avoir une once de remord.



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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Ven 22 Mai - 1:03

Ses yeux se fermèrent encore quelques instants, gardant les lèvres entrouvertes pour attraper un peu d'air dans sa respiration troublée. Il n'avait en effet pas aimé être appelé par ce statut de détenu. Et sachant bien que cela ne l'aiderait pas a sa sortie, parce qu'il comptait bien foutre le camp de cet endroit de malades, il n'avait pas l'intention de prendre un job comme tout homme normal. Après tout, il était dealer de base. Il trouverait bien a nouveau dans sa branche ou une filiale.

C'est cette fourchette sur son menton qui l'inquiétait un peu des dégâts qu'elle pourrait causer. Pas qu'il se souciait d'être défiguré ou d'une quelconque beauté sur son visage. Mais c'était toujours désagréable lorsque les plaies cicatrisaient.. Il fixait donc l'homme face a lui, de ses yeux toujours aussi affreusement vide et inexpressifs. Un nom de famille ? Parce qu'en plus il devait tout donner dans sa présentation ? Il voulait pas sa carte d'identité non plus tant qu'on y était ? Sa date de naissance, le lieu, son livret de famille.. Il retint un grognement, le ravalant bien loin au fond de sa gorge avant qu'il ne se fasse entendre. Et répondit dans un murmure.

-Andrew. Evans Andrew.

Il ne dirait pas plus. Trois mots, c'était déjà bien. Et largement suffisant pour sa question. Il n'allait pas en plus l'emmerder sur une phrase complète. Du moins, il l'espérait. Il l'écouta se présenter, son nom de famille semblant imprononçable.. Mais son prénom plutôt simple a retenir, surtout avec le diminutif qui lui était venu a l'esprit. Mais hors de question de le laisser s'échapper. Parce que là, il était sur d'avoir le coup de fourchette. Il cligna des yeux pour montrer qu'il avait comprit, préférant ne pas bouger la tête pour des raisons évidentes.

Il était sur d'avoir senti une goutte de sang glisser dans son cou et venant de son menton. La douleur était assez vive, mais rien ne passait dans son regard. C'est comme s'il était totalement insensible, alors que la douleur battait dans ses tempes au rythme de son coeur allant plus vite que de raison. Il n'avait pas peur, mais sa respiration ayant été chamboulée, il était normal que l'organe vital soit aussi dérangé.

Un léger soupir quitta ses lèvres lorsque ses cheveux et son menton furent libérés de leur attaque respective. La douleur tourbillonnait toujours en lui, mais ça ne se voyait toujours pas. Il regarda la fourchette et baissa les yeux sur son plateau.. dans un sale état. Il espérait juste que Varlaam lui "conseillait" de manger uniquement le contenu de son assiette et non ce qui se trouvait sur le plateau également. Parce que les morceaux de serviette qui se détachaient pour se mélanger a cette.. mixture peu ragoutante, ça l'engageait plus a vomir qu'a lui donner de l'appétit.. Il prit donc son couvert et avala difficilement sa salive pour ne pas laisser s'échapper le peu qui se trouvait dans son estomac. Prenant un peu du contenu de son assiette, qui était fort heureusement presque vide, il le porta a ses lèvres et ferma les yeux en fronçant un peu le nez. Se forçant a avaler, il se dit intérieurement que s'il avait du faire une crise d'anémie, il l'aurait fait depuis longtemps.

Rouvrant les yeux, il lança un regard éteint a l'homme face a lui. Finissant son assiette sur le même ton que la première fourchette. Se pressant un peu plus a chaque bouchées tout de même. L'intégralité de son repas risquant a tout moment de lui remonter. Déjà que ça lui levait le coeur.. Puis, une fois terminé, il reposa sa fourchette et se leva.

-Bonne après midi.

Oui oui, il n'avait pas oublié la politesse et espérait bien qu'il le laisse s'enfuir vers les toilettes les plus proche. Enfin, pour le moment, il prenait son plateau et essayait de marcher normalement vers la table de débarrassage..
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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Sam 23 Mai - 16:30


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Tiens, deux prénoms pour former un seul et unique nom. Evans et Andrew, bien que j'avais davantage entendu Evans en tant que nom de famille et, quant à Andrew, c'était à peu près équivalent. Ce n'était pas un nom bien compliqué à prononcer, ni même à retenir - ce que je n'avais toutefois pas de difficulté à accomplir. J'étais du type à se remémorer aisément ou, plutôt, à engraver facilement dans sa mémoire le nom d'une personne. Une fois entendue, je ne l'oubliais plus. Je me rappelais encore des noms des officiers et de mes camarades d'armée et je pouvais certifier que ce n'était pas un petit nombre. Nous étions beaucoup et beaucoup sont tombés au combat pour être remplacés par d'autres, d'autres noms, d'autres identités. Le roulement de personnes qu'il y avait. Ha! Il fallait vite apprendre les noms! Enfin bref, je lui offris, pour la peine, un sourire un peu moins dur et plus chaleureux. Bien. Je savais à qui m'adresser maintenant et ce ne serait plus « monsieur le Détenu », ce qui ne lui seyait d'ailleurs pas. Il n'avait pas des allures de détenu, mais plutôt... oui, de jeune homme simplement blasé par tout, par la vie en elle-même.
 
Ma fourchette quitta ma main, venant se lover dans celle d'Evans. Tandis qu'il s'essayait, j'en fis de même. Mon assiette était vide, certes, mais pas mon plateau. Une pomme verdâtre et un yaourt probablement périmé y trônaient toujours. Et le silence retomba sur notre table, alors que les murmures aux alentours se changeaient pour des voix de plus en plus fortes, discutant un instant de ce qui venait de se produire. Les uns râlaient que le « nouveau » s'en était un peu trop bien sorti et qu'ils auraient aimé voir un peu plus de sang, les autres s'en moquaient royalement et souhaitaient tout bonhomme poursuivre leur repas sans plus de tapage. Un soupir se fraya un passage entre mes lèvres, légèrement agacé. S'ils désiraient tant contempler cette merveille qu'était le sang, je pouvais très bien verser le leur. À grande quantité, d'ailleurs. Ils en auraient certainement bien assez pour les combler. Quant aux gardes, puisque le spectacle était terminé, ils délaissèrent la vue et, du coin de l'œil, j'en apercevais certains échanger de la monnaie péruvienne. Attrapant vivement ma pomme, je vins la croquer tout aussi brusquement, me demandant bien sur quoi ils avaient parié cette fois. Devais-je être davantage exaspéré par les gardiens ou par les détenus? C'était une bonne question à laquelle je n'avais pas de réponse.  

Lançant un regard à Evans, je l'observai avaler la nourriture avec un certain dégoût. Ce même dégoût que tout le monde partageait. Allons, quand est-ce que le directeur allait engager un cuisiner un tant soit peu doué en cuisine? C'était censé être leur domaine et, ainsi, y exceller un tant soit peu. Ce n'était franchement pas le cas des cordons bleus qu'on avait ici. Je crois qu'un enfant pouvait faire bien meilleur. Enfin, c'était de la nourriture et c'était déjà bien d'en avoir. Rongeant ma pomme jusqu'au cœur, n'y laissant qu'un squelette décrépi où on apercevait les graines brunâtres, je la déposai dans mon plateau, sur ma serviette de table avant de m'attaquer à mon yaourt. Oh, seulement quatre jours depuis la date de péremption. Quelle chance. J'en ouvris le dessus et, par réflexe, je vins lécher le dessous du couvercle, récoltant sur le bout de ma langue la nourriture. C'était un rituel, je crois, que tout le monde avait lorsqu'il était jeune et, dans mon cas, je ne l'avais pas perdu au fil des ans comme bon nombre de personnes. Aux fraises et aux bananes, dans les saveurs que je préférais tiens. Je pris le temps de le déguster, ignorant l'arrière-goût un peu fade. Alors que je terminai d'en racler le fond de ma cuillère, Evans terminait, quant à lui, d'enfiler la dernière bouchée de son assiette.

Il se leva et j'en fis de même, contournant rapidement la table tout en attrapant mon plateau d'une main, l'autre chopant pour une dernière fois son visage, mes doigts enlaçant son menton fin. Je tournai sa tête à droite, puis à gauche. Ni sèchement ni doucement, seulement pour examiner un instant son nez. Je fus même assez surpris qu'il ne tressaille pas en se levant ou ne perdre pas carrément l'équilibre pour s'effondrer au sol. Il était plus endurant que je ne le pensais. C'était une bonne chose, du moins, pour sa personne en ces lieux. Je m'étais légèrement penché pour mieux contempler mon œuvre. D'une voix posée, je lui dis : "Passe à l'infirmerie, je te mettrais des compresses froides pour éviter que ça enfle et je nettoierais au passage la plaie. Et si ta tête te fait un peu trop souffrir, je te donnerais des aspirines au passage." Je le relâchai, me redressant et baissant le regard pour bien l'apercevoir. C'était le désavantage de mesurer près de deux mètres, il y avait peu de gens de ma taille et avec qui je pouvais être à hauteur d'yeux. "Autrement, bonne après-midi, en effet, monsieur Andrew." Je hochai la tête en signe de politesse, petite manie qui ne me quittait pas avant de me diriger vers une poubelle pour y déverser les déchets. Je lui lançai un regard en coin, histoire de m'assurer qu'il soit bel et bien en état de marcher et qu'il ne faisait pas seulement le fier.

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MessageSujet: Re: Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]    Dim 24 Mai - 1:19

Il avait a peine fait attention a l'autre homme en face de lui, ne pensant qu'au moment où cette impression désagréable dans sa gorge partirait. C'est a dire, certainement une fois aux toilettes et pas avant. Mais alors qu'il allait battre en retraite vers les poubelles pour fuir le réfectoire, Varlaam se leva également et le rattrapa. Evans se tendit légèrement en sentant les doigts sur son menton et le fixa d'un air toujours aussi vide. Sa tête fut promenée sur la gauche, puis la droite. Avant qu'il ne daigne parler pour dire ce qu'il faisait. Enfin, lui dire de passer a l'infirmerie en fait. Mais il n'aimait pas trop l'idée de devoir s'y rendre.. Déjà lorsqu'il se blessait lui même, il n'aimait pas y aller. Alors si en plus, c'était l'un des infirmiers la cause de ses blessures..

Il hocha un peu la tête et le regarda partir. Le laissant prendre de l'avance pour ne pas tomber encore sur lui a la sortie. Puis, il se rendit aux poubelles. Jetant le contenu de son plateau comme il pouvait et rangeant la vaisselle avec le reste. Pour le moment, tout allait bien. Il était un peu sonné, mais marchait plutôt droit. Il s'en était déjà prit des branlées et il n'avait jamais plié. C'était ça un bon dealer. Ca reste droit et fier. Ca ne déserte pas son territoire pour une petite broutille.

Mais alors qu'il marchait d'un pas normal vers la porte de sortie, il se stoppa net. Une main venant se plaquer brusquement contre ses lèvres. Cette fois, ce fut au pas de course qu'il parcourut les derniers mètres. Bousculant quelques personnes sur le passage, mais a le voir ainsi, ils ne semblaient pas vouloir le rattraper. Autant éviter qu'il ne vienne vomir dans leur assiette ou sur une table. Les détenus n'étaient pas toujours que des brutes sans cervelles apparemment.

A peine la porte des toilettes franchit, il ouvrit une cabine et se laissa tomber a genoux devant la cuvette. Ne retenant alors plus le haut le cœur qui l'avait prit. Son estomac se contracta douloureusement et sa gorge le brula sous la bile acide. Le contenu de son déjeuner finit dans la porcelaine plus totalement blanche. Toussotant un peu, il vida la totalité de son estomac. Soit, pas grand chose au final.. Il tira la chasse d'eau et alla se pencher sur un lavabo pour se rincer la bouche et se passer de l'eau sur le visage. Voilà, il ne se sentait plus tellement bien maintenant. Tout ça a cause d'un gars, plus fort que lui, qui l'avait forcé a manger..
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Un mouton parmi d'autres [PV Andrew Evans]

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